Agriculture

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L'agriculture en Bretagne : le contre exemple de Crozon

Après la dislocation des possessions du clergé et de l'aristocratie, les terres abandonnées ont été rachetées progressivement par des paysans. Afin de maintenir les terres dans la famille, les parcelles étaient divisées en longueur pour éviter l'accession par de tierces personnes, et les mariages se faisaient en cousinages ce qui généra des problèmes de consanguinité. La terre avait tellement été chèrement acquise...

Le visage de l'agriculture bretonne en 1970 en Crozon.

L'agriculture en Presqu'île de Crozon a toujours été une calamité pour les paysans. Les terres ont appartenu au clergé ou à la noblesse qui en tiraient profits sans contreparties d'autant que l'entretien des biens, des chemins et des matériels étaient à la charge de la paysannerie au travers de journées de corvées imposées et non rémunérées.

Les Crozonnais travaillaient pour une misère sans avoir la possibilité de s'extraire de leurs conditions sociales car les contraintes se transmettaient de père en fils.

Progressivement l'influence de l'église et de l'aristocratie s'émietta. Un nouveau carcan devait se profiler qui n'allait pas améliorer la vie paysanne : l'armée française présente pour défendre la côte aux abords de Brest était nourrie par la population sur réquisition du bétail, des chevaux mais aussi des paysans eux-mêmes enrôlés pour entretenir les batteries d'artillerie.

La production céréalière aux rendements déjà insuffisants alimentait l'armée en presqu'île ou les unités de Brest. La pauvreté endémique pré-révolutionnaire se poursuivit avec l'armée qui se renforça jusqu'à la première guerre mondiale.

Aussi sordide que cela puisse paraître aujourd'hui, le seul «élevage» quelque peu lucratif pour les familles rurales était celui des «enfants assistés». Les femmes Crozonnaises se rendaient aux hospices de Brest en tant que nourrices pour recueillir plusieurs enfants mal nés, adultérins, contre une pension la moins élevée de la région. Des enfants que les familles brestoises n'espéraient pas revoir afin d'étouffer le scandale... Ce qui fut le cas souvent sous les effets d'une mortalité élevée.

Il y eut un sursaut agricole dans les années 1960-1970 durant le faste des aides de l'Etat pour l'agriculture intensive.

Culturellement, les Presqu'îliens, ont toujours préféré la mer bien qu'elle ne les ait guère plus enrichis, elle correspondait à un semblant de liberté d'entreprendre que l'agriculture leur avait interdit. Statistiquement, aujourd'hui, la Presqu'île de Crozon et l'Aulne Maritime détiennent les plus faibles concentrations d'exploitations agricoles, avec quelques autres cantons bretons.




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