La base aéronavale de Lanvéoc-Poulmic et l'école navale

Hydravions CAMS 37 escadrille 2.S.1 en 1937. Derrière la grue de mise à l'eau.





Hydravion français Breguet 521 Bizerte réemployé par la Luftwaffe à la grue de la base du Poulmic au printemps 1941.

Photo allemande de 1940 de la base.

Photo d'un aviateur Allemand de la base de Lanvéoc-Poulmic en 1940.

L'ancien manoir devenu ferme de la baronie des seigneurs du Poulmic détruit lors des expulsions de Lanvéoc.

La base avec ses hangars parapluie pour hydravions démolis en 1988.





Hommage du 21 juin 1998 à Eric Tabarly à la B.A.N de Lanvéoc-Poulmic en présence du Président Chirac.

Avion d'entrainement de la base aéro navale.

La Cam59, la base des hydravions de la Première Guerre Mondiale du Sillon de Camaret-sur-Mer a prouvé son efficacité face aux sous-marins allemands. Cette base est démantelée après guerre car elle gêne l'activité portuaire. Néanmoins, l'Etat Major français projette une implantation d'une nouvelle hydrobase à proximité de Brest, un port militaire qui doit être protégé d'une attaque sous-marine. Dès 1919, l'armée cherche un terrain suffisamment vaste et un plan d'eau qui le soit tout autant pour concevoir un projet d'envergure. En 1924, l'expropriation des terres de Lanvéoc ne se fait pas sans mal. Les prix des terrains doublent pour être enfin acquis à 40 centimes le m² en 1938 pour les terres pauvres et 1.10 franc pour les terres agricoles. Les premiers travaux datent de 1930. Les travaux de terrassement sur une zone forestière et d'assèchement de l'étang sont si importants que les fils des agriculteurs quittent la ferme familiale pour avoir un travail stable et un salaire fixe. Des ouvriers étrangers viennent en renfort. Certains épousent les femmes de la région et font leur vie sur place. Lanvéoc est un immense chantier qui semble interminable.

Dès le 24 mai 1936, les premiers avions du porte-avions Béarn arrivent. La base est inachevée, les travaux prennent du retard. La base aérienne reçoit les formations E2, E4, E6, E8 (escadrilles d'explorations), 2.S.1, B.2 (escadrilles de surveillance). Les effectifs vont varier selon les affectations qui suivront. Les avions sont des hydravions de différentes marques qui sont en réalité inappropriés à la situation qui se prépare.

Le ministre de la Marine Camille Campinchin fait une sorte d'inauguration le 29 juillet 1938. L'hydrobase est un lieu désordonné où 1200 hommes civils et militaires se côtoient pour des tâches diverses en journée et s'ennuient le soir venu. On songe à aménager cinéma, théâtre, golf. On se contente d'un French-Cancan dansé par des matelots et d'un cirque rudimentaire dont l'attraction était une course de taureaux.

1939, la Seconde Guerre Mondiale est là, la base est sabotée, des avions sont transférés ou détruits selon leur état. Quelques-uns seront vendus par Vichy à la Luftwaffe qui les repeindra aux couleurs germaniques après les avoir essayés en compagnie de pilotes Français. La population se sent esseulée et en danger, les "cruels" Allemands arrivent, l'armée ne les défendra pas, elle s'est rendue. Les magasins de provisions abandonnés par l'armée sur la base sont dévalisés.

Le 19 Juin, l'armée allemande prend possession de la base aérienne de Lanvéoc-Poulmic en toute simplicité et la renomme Brest Süd. Les semaines qui suivent, ils font le "ménage", débarrassent les gravas et les matériels disloqués. L'armée allemande renforce la protection des avions, améliorent les communications et la DCA défensive, et surtout déploie une nouvelle génération d'avions, les performants avions Messerschmitt (entre autres). A la fin de la guerre les avions à réaction sont présents. L'armée française disposait d'hydravions plus ou moins géants peu autonomes et inadaptés à la chasse aérienne.

La base aérienne fait l'objet de bombardements anglais durant la guerre puis les Américains parachèveront l'oeuvre de destruction avant la libération de 1944. Le village de Lanvéoc a été bombardé à cause de sa proximité avec les installations militaires allemandes. Les Lanvéociens déplorent 45 morts et se terrent dans des abris sommaires dans leurs jardins, mais face à une bombe, quand son heure est venue... Le petit village compte 46 maisons détruites et des terrains façonnés par des trous de bombe.

Le 17 septembre 1944, l'hydrobase retrouve les couleurs de la France, elle est en ruine, les Allemands l'ont sabotées.

La reconstruction sera progressive et la modernité affichée. L'architecte Pierre Guth (Grand Prix de Rome) prend en compte ce qui subsiste dont les hangars des hydravions et dessine de grands immeubles pour recevoir l'école navale. Cette dernière est installée dans des baraquements sur la base après sa destruction à Brest lors de la guerre. L'école navale est inaugurée par Charles de Gaulle le 15 février 1965.

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