Passage tragique du Friesenland – navire ravitailleur pour catapultage d'hydravion

Un hydravion est sorti de l'eau à la grue, il va être posé sur les rails de la catapulte, on lui fera sans doute le plein de carburant et subira une projection puissante pour prendre les airs en économisant ainsi le contenu de son réservoir.

Dornier 26 en mise en place sur la catapulte.



Profil de reconaissance de l'armée américaine de 1943 du Friesenland.



Le Friesenland est un navire ravitailleur allemand construit en Allemagne (Kiel) en 1937 (lancement 23 mars) pour la compagnie aérienne Lufthansa qui assure des liaisons transatlantiques avec des hydravions pour la postale et espère aussi du transport de passagers. Les autorités américaines n'ont toujours pas avalisé le projet. Aucun hydravion de l'époque ne peut traverser l'Atlantique sans plusieurs ravitaillements et éventuellement une assistance technique. 12 à 13 heures de vol à l'aller, une de plus au retour.

Dans un premier temps, la compagnie a transformé deux cargos en navires catapultes (Wesfalen et Schwabenland). L'expérience est concluante par beau temps et mer calme. Les navires considérés sont cependant instables, il faut construire des bateaux dédiés à cette activité de transport de carburant, d'atelier de réparation et de catapultage (Ostmark et Friesenland).

Dès le début de la seconde guerre mondiale, l'armée allemande récupère les navires ravitailleurs pour servir les hydravions militaires des escadrilles des gardes-côtes.

Le Friesenland commence la guerre dans les eaux norvégiennes pour soutenir l'escadrille Küstenfliegergruppe 406 qui aide la fuite du croiseur lourd Admiral Hipper dans le détroit du Danemark.

L'Ostmark commence la guerre sur les côtes françaises. Le 24 septembre 1940, l'Ostmark est coulé par le sous-marin britannique HMS Tuna au Sud de la Bretagne.

Le Friesenland est dépêché en remplacement dans la rade de Brest pour supporter la Küstenfliegergruppe 406 nouvellement arrivée à la base de Brest-Süd – Lanvéoc-Poulmic.

La consommation de carburant au décollage sur la mer est trop importante pour des hydravions géants et lourds de 15 tonnes. Le rayonnement en est amputé d'autant que la surveillance de l'Atlantique Nord nécessite une grande autonomie. Le Friesenland prend en charge au maximum deux hydravions à son bord et les propulsent successivement.

Premier lancement en région, le 18 novembre 1940. Le Friesenland a embarqué l'hydravion (Dornier) Do 26 V-5 (WNr. 0795) codé P5 + EH appartenant à la 1./Kü.Fl.Gr.406 de Lanvéoc-Poulmic. Le catapultage en rade de Brest semble avoir été correct mais l'un des moteurs cafouille et l'hydravion redescend à vive allure sur la mer. Le moteur en état prend une forte vague, l'avion se brise à proximité du rivage de Roscanvel. Les 6 membres d'équipage meurent, 4 corps seulement sont retrouvés et sont actuellement inhumés au cimetière allemand de Ploudaniel-Lesneven.
Leutnant - Emmerich Otto 31 ans, Oberleutnant zur See - Groos Helmuth 25 ans, feldwebel - Hingst Heinz 25 ans, feldwebel - Gruber Erich 35 ans, inhumés. Stabsfeldwebel - Graf Christian, feldwebel - Rautenberger Heinz, disparus.

L'expérience du Friesenland est suspendue, il est envoyé au large de la Gironde dans des eaux réputées plus calmes. Les résultats de mission ne sont guère impressionnants, le navire repart en Norvège et se fait torpiller par des avions russes alors qu'il est pressentit comme bateau-mère pour envahir l'Islande. Dégâts légers, réparations rapides.

La guerre s'achève enfin, il est versé dans la Royal-Navy pour des missions identiques avec, curieusement, une partie de son équipage habituel. L'armée britannique s'en défait en 1949 et le revend à des compagnies civiles tout en changeant de nom à chaque fois - Fair Sky, Castel Navoso, Argentine Reefer. Il finit sa carrière en 1969 comme navire frigorifique de transport de bœufs argentins.

Le Friesenland est le seul navire de catapultage germanique à avoir survécu à la guerre, tous les autres furent détruits en service. Navire lent mais robuste ayant disposé de seulement 4 canons antiaériens de 20 mm, disposant d'ateliers trop petits pour la vie militaire à fortes réparations, il a néanmoins résisté à tout.

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