La vie dans un bunker

Les bunkers qui ne disposent pas d'un armement sont des abris pour la troupe. Un abri enterré avec une épaisseur de toit de 1,5m à 2,5m d'épaisseur.

Une rare ouverture sur la vie, la visée d'un périscope afin de savoir si un ennemi approche.

Les lits sont superposés et rabattables pour faire de la place. Il suffit de décrocher les chaînes du plafond.

Une porte blindée (porte étanche 19P7) sur la gauche ouvre sur un couloir sas antigaz.



Liaisons radio permanentes.

La fête au sens le plus strict.



Sur la gauche, à peine visible, une pompe avec filtre à air pour ventiler la pièce.

La vie des soldats dans un bunker se résume à : angoisse du lendemain, ennui, lassitude, promiscuité, confinement.

En période de combat la peur submerge tout. Tenace, elle domine les hommes.

En période d'attente, les heures sont longues, le groupe électrogène ronronne pas loin. La lumière électrique est d'un jaune triste qui donne le cafard. Pas de fenêtre, les portes claquent dans un bruit métallique sinistre. L'air est renouvelé par une pompe manuelle ou électrique selon les modèles de bunker. Si le modèle est manuel, un soldat tourne une manivelle à heure fixe pour expulser l'air vicié et aspirer l'air frais de l'extérieur par des gaines noyées dans le béton.

Au fur et à mesure que la guerre se déroule, le moral de la troupe descend inexorablement. Une radio que l'on écoute souvent à l'insu de l'officier, ment comme elle émet. Le commentateur de la propagande ne parle pas de défaite sur le front mais de retraite avant la contre-attaque. Les soldats les plus lucides s’inquiètent. Cette inquiétude est flagrante en presqu'île de Crozon. Brest est pilonné chaque jour, les raids de l'aviation anglaise puis américaine s'intensifient, il y a de plus en plus de morts dans les rangs allemands malgré l'élaboration du Mur de l'Atlantique qui est sensé être indestructible.

Certains types de blockhaus sont équipés d'un périscope. Les instants de veille permettent de voir la lumière du jour, les barbelés, l'armement défensif voisin rien de plus. Les blockhaus du voisinage sont eux aussi liés par téléphone au commandement du quartier général. Les soldats circulent dans de petites tranchées pour passer d'un bunker à un autre et restent ainsi à couvert.

La toilette se fait à l'intérieur même du bunker pendant les combats, sinon, durant les accalmies les sanitaires extérieurs assurent l'hygiène. Il en va de même pour la cuisine. Les réfectoires tournent à plein hors bombardement. Les rations sont distribuées dans les casemates en phase de combat.

Quand le débarquement allié sur les côtes normandes est effectué, les soldats Allemands ont bien conscience que la fin est proche. Nombreux sont ceux qui sont convaincus qu'ils vont être fusillés dès la venue des Américains en presqu'île. Ils vivent dans la terreur dès juin 1944 jusqu'à septembre et se demandent comment se rendre sans être contraints de combattre. Après quelques combats, la reddition sans conditions permet l'évacuation des soldats qui sont regroupés et transportés par bus jusqu'à Brest. Un quota de soldats est affecté au déminage des plages et des zones défensives autour des bunkers. Quitter cette non-vie souterraine fut certainement une grande joie même si la défaite était amère.

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