Mine de fond Mark VI VII IX (6 7 9) britannique


Mine de fond Mark VI VII IX (6 7 9) britannique

Largage de mines de fond avec parachute à partir d'un B29 américain.

Mine Mark 25 avec parachute, modèle américain similaire à la Mark IX (9) britannique. La nature de la charge est un peu différente par contre, soit  du Torpex (à partir de 1942 - plus puissant que le TNT), HBX (Hexolite) ou TNT.

Types de mines de fond ou de surface employés selon la profondeur d'eau.

2018 au large du Corréjou - Camaret sur Mer.

L'un des modèles de mine de fond retrouvé en Rade de Brest ou en Baie de Douarnenez "fréquemment" correspond à la mine A Mark IX. Cette mine de fond est une modernisation du modèle A Mark VI qui s'adapte mieux aux avions les plus récents de l'époque. Quoiqu'il en soit ces deux types de mine sont mis en service en 1944 et employés par la RAF (aviation britannique) ou la Royal Navy (marine britannique).

La désignation A convient à Aircraft c'est à dire que ces mines sont destinées à être embarquées par des avions pour participer au minage d'une zone maritime. Les mines larguées de l'avion tombent du ciel avec leur parachute pour sombrer au fond de l'eau et se mettre en position d'attente avec pour déclencheur un système acoustique ou magnétique (souvent les deux).

Les déclencheurs magnétiques sont à l'origine uniquement utilisés sur les mines de fond. Les changements du champ magnétique selon la variation des marées causent alors des déclenchements intempestifs. Vers la fin de la seconde guerre mondiale, un déclencheur qui mesure le champ total autour de la mine est développé. Cet appareil additionne les champs de manière à ce que les marées ne l'affectent pas.

Les mines acoustiques mesurent le son de certaines fréquences, généralement celles des bruits d'hélice, de moteur... Les fusées de détection de pression mesurent l'onde de pression créée par un navire qui se déplace dans l'eau. Celles-ci ont été développées simultanément par l'Allemagne et les USA pendant la seconde guerre mondiale, néanmoins de façon d'abord restreinte par crainte que l'ennemi ne copie le procédé. La fin de la guerre va précipiter la fabrication tous azimuts.

Dans la région brestoise, ce sont des avions venu d'Angleterre qui ont largué ces explosifs à la fin de la guerre pour éviter la moindre concentration de repli de navires et sous-marins allemands. Cependant, la Royal Navy utilisent aussi des MTBs (vedettes lance-torpilles britanniques) pour placer ces mines, ceci dans une version sans parachute. Brest étant inaccessible par voie maritime à cause des défenses côtières allemandes du Goulet, ce ne fut donc pas le cas.

Certains bombardements à basse altitude permettent de verser sur zone la version sans parachute. Peu probable en baie de Douarnenez ou en en Rade de Brest au vu de la concentration de l'artillerie antiaérienne allemande (Flak).

Dimension de la A MK IX avec parachute : 2.80m environ de long et 47 cm de diamètre. La version sans parachute fait 20 centimètres de moins en longueur. Le petit parachute est logé dans un boîtier fixé à la tête de la mine. La charge explosive était variable. Le modèle VI utilisait 454kg d'amatol ou 499kg de minol.

Le modèle IX utilisait 474 kg de minol pour un poids de 837kg avec parachute et 805kg sans.

L'amatol est un mélange de TNT et de nitrate d'ammonium d'origine allemande. les Britanniques en employant la nomination amatol faisait référence à une composition supposée d'ammonium et de toluène avant l'expertise et l'emploi de l'explosif, le terme est resté. En combinant 20% de poudre d'aluminium, on obtient du minol.

La profondeur minimale d'immersion était de 12 mètres pour que la détection magnétique et acoustique soit optimale.

Ces mines en forme cylindrique étaient issues de modèles adaptés aux tubes de lancement des sous-marins. L'avantage d'un usage aérien par raid est la quantité très supérieure de largage par rapport à un sous marin qui pouvait en lancer 10 par mission. De plus, l'aviation a accès à tous les territoires par bombardement en haute altitude.

Une autre mine de fond est présente en Rade de Brest, le modèle A Mark VII qui n'est autre qu'une version plus petite que la VI ou IX. 2.30m de long avec parachute et 2.10 sans parachute. 252 ou 277kg de charge pour environ une demi tonne de poids total.

Les mines de la seconde guerre mondiale ont la possibilité de disposer d'une minuterie ayant un temps de réglage d'un an maximum permettant l'auto-destruction au delà du temps imparti. Malheureusement en cas de dysfonctionnement, la mine reste active indéfiniment et devient une mine historique qu'il faut contre-miner (pétarder) avec une charge explosive. Cette possibilité d'auto-destruction n'équivaut pas à une intention de dépollution. Une zone minée devait détruire la flotte ennemie. Néanmoins, en cas d'intrusion dans la zone par une flotte alliée, il fallait être en mesure de neutraliser la menace à une date précise pendant l'opération à charge de renouveler d'autres bombardements ultérieurs pour reminer la zone sensible.

Les modèles américains appelés aussi Mark suivi d'une numérotation arabe et non romaine comme la nomenclature britannique, procède de la même technologie mais ont des variantes dimensionnelles exclusives aux normes US. Dans bien des textes, le chiffre romain britannique, IX par exemple, se trouve injustement remplacé par 9. Or, le modèle Mark 9 américain est distinct, date de la première guerre mondiale et n'a jamais été mis en service. Après guerre, les Britanniques abandonnent les chiffres romains.

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