Batterie côtière allemande MKB Kerbonn 4/Marine Artillerie Abteilung 262

Les éléments rouges sont encore visibles sur le terrain, souvent enterrés en ce qui concerne les bunkers. Les éléments bleus ne sont plus visibles.

La caractéristique de la batterie de Kerbonn, très fréquentée par les touristes, est que la plupart des bunkers qui la constituent sont enterrés. Ainsi, il est aisé pour un promeneur de n'apercevoir que les casemates "géantes" (en arrière-plan) et rien d'autre. En premier plan, un poste d'observation d'un des quatre bunkers 622 qui se trouve être "un toit" au niveau du sol.

L'intérieur d'un bunker 622 avec un créneau de défense à gauche. Un soldat ouvre le volet métallique et mitraille tout intrus qui se trouve derrière, dans le couloir d'entrée. Du cable électrique au plafond... Des hommes ont vécu dans de telles pièces durant la guerre quand ils n'étaient pas de service à leur canon.

Un bunker 621 inséré dans la batterie française dont on devine le casernement en second plan. La pointe du Toulinguet en fond.



Mémorial de la bataille de l'Atlantique. Musée qui occupe une casemate SK et qui vous renseigne sur les faits de guerre et les matériels.

La batterie de Kerbonn (création en 1889), sur la Pointe de Pen-hir en Camaret-sur-mer est une batterie côtière d'origine française. Elle est opérationnelle en 1904. Le projet de défense côtière par la Marine fut possible par décrets d'expropriation des propriétaires des terrains.

Les premiers équipements d'avant la première guerre mondiale sont 3 mortiers de 270mm G Mle 1889 sur affûts Vavasseur et Canet permettant une rotation sur 300°, ceux-ci placés en ligne au bord de la falaise et protégés par un parapet en terre retenu par des murs maçonnés. Les munitions sont entreposées dans deux magasins sous rocs avec d'impressionnants tunnels, salles, monte-charge pour assurer la continuité de l'apport des projectiles par wagonnets au pied de chaque mortier. Un poste de télémétrie ouvert guide le tir (T). Les artilleurs de marine sont logés dans un bâti enterré desservi par de larges tranchées parfaitement dessinées.

En 1932, la batterie est rénovée d'un point de vue armement. Les mortiers étant obsolètes, ils sont remplacés par des canons 164,7mm Mle 1893-1896 SF cette fois disséminés sur le terrain et non plus en ligne. Un projecteur de 150mm est ajouté pour les tirs de nuit et le poste de télémétrie est en béton armé fermé. Il n'y a aucune protection antiaérienne car jusqu'ici, il n'y a jamais eu de guerre où l'avion fut considéré comme une arme de destruction.

En 1941, l'armée allemande investit les lieux et utilise le matériel sur place laissé par l'armée française après la déroute ! Le nombre de militaires germaniques étant plus importants, des baraquements en bois sont donc ajoutés ainsi que des réserves à eau (C). Au début de l'occupation le dispositif est jugé suffisant par l'état major allemand. Certains officiers logent dans les villas d'artistes à proximité, la vue est splendide sur la mer, et les couchers de soleil sont bucoliques. La batterie côtière est éloignée de tout, de Brest, de la base aérienne de Lanvéoc. La principale occupation des premiers mois consiste à apprendre la navigation sur bateaux de pêche réquisitionnés aux soldats Allemands afin de se préparer à envahir l'Angleterre, c'est pour bientôt, Hitler l'a dit. Les Germains étant «peu navigables», les incidents se multiplient à la plage du Veryac'h.

En 1942, les bombardements de la RAF sur certaines zones stratégiques de la Presqu'île de Crozon apportent quelques bombes sur Kerbonn. La batterie n'est absolument pas conçue pour le moindre bombardement aérien, les bâtiments du personnel sont en pierres et datent du 19ème siècle. Les canons français sous blindage peuvent résister à un mitraillage mais aucunement à une explosion. Le développement d'une défense antiaérienne s'impose :
2 canons 2cm Flak 28.
1 canon Oerlikon 2 cm Flak (z 36 20 mm Oerlikon AA gun, Mod 1934 fabrication suisse) proche du M162a.
1 canon Flakvierling 38 (quadruple canon installé sur le toit du R621).
4 canons 7,5cm Flak M22 (f) (dont un installé sur le toit du R638).

La défense terrestre est assurée par :
2 canons 7,5 cm F.K.231(f) (canons antichars de type Pak).
4 canons antichars intégrés aux SK.
6 postes de mitrailleuses MG.
2 mortiers 80mm (Grenatwerfer 34)
2 mortiers 50 mm dédiés aux BF.61a.

En 1943 la position devient intenable en l'état. Le temps d'une fin de guerre victorieuse s'est éloigné, un climat de défense jusqu'au-boutiste s'installe. La construction de bunkers devient une urgence. La démonstration de force du Stützpunkt (point d'appui lourd) est impressionnante, en quelques mois sont construits :
4 casemates SK monumentales.
4 bunker R622 (Regelbau 622).
1 bunker R621.
1 bunker R638.
1 bunker R607.
1 bunker M162a.
2 ringstands BF.61a.
1 Wasser Bunker.
Un bunker Fl 246 est prévu mais la guerre s'achève avant son élévation.

Les positions d'armements de l'artillerie antiaérienne ne font toujours pas l'objet d'encuvements spécifiques. Il y a tout au plus une dalle en béton pour d'éventuels scellement de boulons. Certains canons sont entourés d'un mur en moellons grossièrement maçonnés ou simplement de sacs de sables.

La batterie de Kerbonn est entourée d'un champ de mines, de barbelés. Un poste de garde dans une casemate multicréneaux tient la route de Camaret qui traverse la batterie.

L'unité affectée est la 4./M.A.A.262 (Marine Artillerie Abteilung 262) détachée de Brest. Appellation officielle de la batterie : Marine-Küsten-Batterie Kerbonn (MKB Kerbonn) code radio complet Wn.Cr 346.

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Rencontre : vie privée des goélands




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