Mouilleur de mines Alexis-de-Tocqueville Pelikan

Le Pelikan quand il s'appelait encore le Lotharingia.

La triste destinée du Pelikan, un mouilleur de mines "allemand"  !

Le Pelikan (FB20) est construit en Angleterre à Hamilton, Glasgow en 1923. Il s'appelle alors le Lotharingia. C'est un transbordeur affecté à Cherbourg.

Un transbordeur est un navire civil qui assure le transfert des passagers des paquebots jusqu'aux quais quand le port ne peut accueillir les géants des mers. Une navette portuaire indispensable.

La seconde guerre mondiale déclarée, la Marine réquisitionne le navire le 27 août 1939 en tant que croiseur auxiliaire avec l'armement d'un mouilleur de mines sous un nouveau nom : Alexis-de-Tocqueville (X26).

Un mouilleur de mines se charge de mines maritimes à bord pour les disperser en mer dans un souci de défense d'une voie maritime.

Les Allemands approchent de Brest. L'amirauté donne l'ordre d'évacuer le port militaire qui est un "immense parking" de navires et de sous-marins. Certaines unités prennent le large d'autres sont sabordées, ce qui est le cas de l'Alexis-de-Tocqueville. Un trou est percé dans sa coque sous la ligne de flottaison. Il coule le 18 juin 1940.

En 1941, les Allemands le renflouent et le réaffectent en tant que mouilleur de mines sous le nom de Pelikan avec 7 canons (37mm et 20mm).

Le 25 août 1944, journée d'enfer à Brest, la rade et les alentours. Les bombardiers américains pilonnent Brest pour enfin déloger l'armée d'occupation qui résiste. Sous ce déluge de feu incessant, le Pelikan est au mouillage entre l'île Longue et l'île de Trébéron, équipage à bord en attente d'un départ. Au soir, une bombe incendiaire touche le navire rempli de mines. La déflagration qui s'ensuit traumatise un peu plus les villageois du rivage terrés dans des abris de fortune et provoque des dégâts supplémentaires dans des maisons branlantes. Les bombardements américains ont tout ravagé.

Plusieurs jours plus tard, des cadavres déchiquetés, dont un pied dans une botte ont été retrouvés sur les grèves avoisinantes. Il y aurait eu une dizaine de survivants échappés de la fournaise, revenus à terre en chaloupe à la cale de Quélern.

Le Pelikan en miettes au fond de l'eau n'aura pas fait l'objet d'un renflouement après guerre comme d'autres navires , il gît toujours en profondeur sur les lieux du drame.

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