Une armée allemande d'occupation souriante...

Des sourires de l'occupation.

Un regard fuyant d'un soldat Allemand hébergé.

Le mobilier de salon dans la cour.

Une famille photographiée selon le souhait d'un soldat Allemand.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, chaque maison était occupée par des soldats Allemands. Souvent ces soldats s'étaient appropriés les pièces de vie les plus agréables et les familles se retrouvaient entassées à l'étage.

En Presqu'île de Crozon, en certaines périodes de guerre, il y avait plus de soldats Allemands que d'habitants. Les officiers logeaient dans les hôtels, les manoirs, les maisons bourgeoises.

On peut imaginer beaucoup d'embarras de part et d'autre car ces soldats n'étaient pas les bienvenus d'autant qu'il fallait les bichonner avec de maigres moyens. La nourriture consacrée aux Allemands venait en soustraction des besoins de la famille.

Entre les attitudes de grande froideur, les risettes forcées et les sympathies à peine nuancées, toute une population a dû courber l'échine pour ne pas déplaire à l'occupant.

L'occupation relança une partie de l'activité économique, les biens de consommation devant être fournis en permanence. L'entretien de l'armée Allemande permit à des Français soit de conserver leur travail, soit de trouver un emploi, voire de s'enrichir.

Dans les fermes, la famille partait à pied avec du lait, des œufs, des produits fermiers et parcourait des kilomètres à pied pour remettre ces provisions à des points de réquisition en échappant aux bombardements alliés.

Dans le jardin, il y avait obligation de créer un abri anti-bombardement par des moyens de fortune. Les métaux, tôles, piquets, fils de fer... Les bois, planches, poutres... tous les matériaux susceptibles de permettre la fabrication de cet abri imposé avaient été réquisitionnés de sorte que les abris familiaux creusés dans le sol n'avaient pas une grande solidité. Il n'était pas rare qu'un obus tombe dans le jardin, dans une grange, sur une maison... D'où venait-il ? Les témoignages de l'époque rapportent cette chance ou malchance permanente... On pouvait mourir dans sa maison, comme dans son jardin ou en allant au bourg...

Le gentil soldat Allemand, père de famille agréable en d'autres circonstances, capable de sourire selon l'ambiance, pouvait recevoir l'ordre à tout instant d'arrêter, de fusiller ses hôtes.

On peut imaginer que le sentiment de victoire facile qu'on dû ressentir les soldats Allemands qui ont envahi la presqu'île de Crozon avec quelques jours d'avance sur leur calendrier, a progressivement viré à l'angoisse avant les derniers jours de panique. La pression croissante de la résistance, la constance des bombardements de la RAF, le débarquement américain puis la perte de la Bretagne Nord, les troupes germaniques se savaient acculées au bout du monde.

Les prisonniers Allemands regroupés à Brest en 1944.

Arrivés par convois militaires, en juin 1940, les soldats Allemands ont été faits prisonniers et reconduits en autobus à impériale à partir de la place de l'église de Crozon vers des camps de prisonniers dans la région de Brest, d'autres furent à leur tour réquisitionnés pour le déminage de la Presqu'île à partir de septembre 1944. Des actes de maltraitance furent à déplorer dans les camps de prisonniers. Des soldats Allemands sont morts consécutivement à des coups portés par quelques résistants plein de rancoeur. Les généraux quant à eux ont été conduits dans des camps d'internement aux USA durant quelques années. Des camps qui n'avaient rien à voir avec les camps de concentration en Allemagne qu'ont connu des Crozonnais suite à des rafles arbitraires.

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