Les bancs de brouillard stratégique de la seconde guerre mondiale

Les nappes de grandes surfaces étaient souvent confondues avec la mer.

Banc de brouillard nocturne, une relative pâleur trompeuse.

Le brouillard détient une valeur poétique assurément mais en cas de guerre il devient une arme stratégique à double tranchant dont les principales victimes sont souvent les civils. En presqu'île de Crozon, le brouillard est à l'origine de plusieurs confusions dans les opérations répétées de la RAF (aviation anglaise) et l'US Air Force (aviation américaine) lors de la seconde guerre mondiale. Un grand nombre mais un nombre inconnu* de personnes sont mortes suite à des lâchers de bombes sporadiques n'obéissant à aucun ciblage opérationnel. Plusieurs raisons à cela.

Il y a le cas de l'aviateur qui constate qu'il lui reste une bombe à bord de son appareil, il doit revenir au plus vite en Angleterre en s'exposant à l'artillerie anti-aérienne allemande. Une bombe à bord multiplie les risques d'explosion, alors le pilote regarde le sol, voit une zone d'une couleur neutre comme une mer calme, il largue. En fait de mer, il s'agit d'une nappe de brouillard dans lequel une ferme, un hameau, est dissimulé.

Certains bombardements, surtout américains, se faisaient à très haute altitude (de jour) et le repérage partait d'une carte photographique avec des repères spécifiques comme un moulin, une église, une route significative... Le brouillard dissimulant certaines surfaces terrestres, les repères disparaissant, certains aviateurs responsables des largages commettaient des erreurs d'appréciation, les bombes étaient dispersées hors zone.

Un avion anglais spécialisé dans la chasse sous-marine se pose en catastrophe sur une nappe de brouillard en Roscanvel, le pilote est persuadé de se poser sur la mer. Aucun survivant. Même si la plupart des missions de la RAF étaient nocturnes, un brouillard au sol, dans une nuit pas trop chargée par les intempéries, se devine sans pour autant se comprendre, certains avions anglais se sont aussi retrouvés isolés au petit matin par exemple. Le matin période faste pour cette condensation naturelle plaquée au sol.

Des Presqu'îliens sont morts en dehors de toutes proximités de défense allemandes. Les éclats de bombe ont fait des victimes prises par surprise pensant ne pas être exposées dans un champ à cueillir des mûres, chez-eux en se rasant devant un miroir... Côté allemand ce n'est guère mieux. Les rapports de l'armée d'occupation, et les témoignages des soldats ayant survécu à cette période confirment que dans leurs rangs, les éclats dispersés de bombes "égarées" ont fait beaucoup de victimes dès la fin de 1940. C'est d'ailleurs à ce titre que le perçage de tranchées qui n'avaient aucune commune mesure avec celles de la première guerre mondiale, a été vite entrepris pour protéger les soldats sur leurs positions. C'est aussi à ce titre qu'il fallut construire des bunkers sanitaires qui supportaient les éclats car les premiers camps sanitaires étaient sous tentes puis très vite dans des maisons réquisitionnées dont les propriétaires avaient été relogés aux frais de la municipalité.

Ce climat d'incertitude a fait augmenter la peur des civils mais aussi l'angoisse des soldats Allemands qui se voyaient vainqueurs et à l'abri dans une campagne au bord de la mer qu'ils découvraient avec ravissement pour beaucoup d'entre-eux.

Des conditions climatiques utiles à la résistance qui devait souvent faire des allers-retours à pied ou à vélo entre Camaret et les parages du Menez-Hom pour rejoindre les réseaux de saboteurs ou simplement faire circuler des messages dans lesquels les descriptions des points de l'artillerie allemande. A l'époque aucun moyen technique n'existait pour déterminer une présence humaine dans un épais banc de brouillard. Les surveillances aux jumelles étaient inopérantes. Des sorties en mer clandestines furent possible dans la brume marine.

Le brouillard ennemi et allié à la fois a modifié des destins de guerre. Brouillard tellement stratégique, que l'armée allemande en produisait artificiellement pour protéger Brest et que le réseau de Tante Yvonne cherchait à échantillonner. La guerre est achevée depuis longtemps, les brouillards subsistent dans les moindres creux et ressemblent à des étangs, des lacs, à la mer quand l'étendue est vaste avec des colorations étranges parfois.

La tragédie du bombardement de Telgruc et des bombardements de la libération ont laissé un souvenir précis alors que les victimes éparses, à des dates imprécises parfois, se rencontrent encore, à peine, dans les cimetières de la presqu'île de Crozon. Un effacement du temps, comme un épais brouillard sur une sombre histoire d'erreurs humaines...

* un nombre inconnu parce que des corps de personnes étrangères à la presqu'île venues s'y réfugier n'ont pas été comptabilisés officiellement pour éviter que l'armée d'occupation n'enquête sur les hôtes qui auraient pu cacher des espions. Ce qui n'était pas inenvisageable...



Destins de guerre

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Dixmude

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Débarquement d'Athènes

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Cuirassé Bretagne

Cargo le Granville

Camp de Watenstedt

Résistant 18 ans fusillé

Bombardement de Telgruc

Mémorial de l'aéronautique

Le 248 RI 208ème compagnie et 5ème Bataillon en 1940

Résistance à Camaret

Réseau Vengeance

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Tante Yvonne

Maquis de Spezet

Jean Ménez

La Soizic

Bateaux de Camaret arraisonnés ou mitraillés par la Royal Navy et la RAF

La Suzanne-Renée - Réseaux d'évasions des pilotes Américains et Anglais de la WW2

La Croix de Pen-Hir

Rose Bruteller

Opération Rhubarb

Les bancs de brouillard

Les tombes du Commonwealth de : Camaret - Crozon - Lanvéoc - Roscanvel



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