Le canon de 30 livres - 164,7mm de marine

La version 1840 du canon de côte de 30 livres / 164.7mm connue en presqu'île.

Version canon 164,7 mm Mle 1893-1896 avec blindage sous casemate SK à Kerbonn en 1944. Deux versions d'un même calibre pour une seule histoire...

La Royale, la marine française, utilise depuis longtemps plusieurs calibres de canons à bord de ses vaisseaux de guerre. Les gros calibres (36 livres ou 24 livres) sur le pont inférieur afin de ne pas porter atteinte au centre de gravité du navire et d'envoyer de lourds boulets à la ligne de flottaison de l'ennemi pour le couler. Les petits calibres de 4 livres (6 livres 8 12) sont sur les ponts supérieurs pour faucher les marins adverses en abordage.

La multiplicité des calibres, des diamètres des boulets, des tailles de gargousses (sacs de poudre), en situation de combat, génèrent une logistique difficile à assumer. Des incidents surviennent fréquemment qui ralentissent la cadence de tir qui est de un coup par huit minutes pour les canons de 36 livres. La marine décide de rationaliser les calibres. Un nouveau canon est créé, le canon de 30 livres dont la bouche fait 164,7mm de diamètre en deux versions, courte et longue.

Vaisseaux, frégates, tout ce qui flotte est équipé du canon dit «uniforme». La date de mise en service de ce tout nouveau calibre varie selon les sources. Certains écrits parlent de 1820 pour l'équipement des frégates sur ordre du Baron Tupinier. 1824, les petits calibres sont supprimés par ordonnance. La généralisation du canon de 30 livres semble être officialisée en 1838.

La version courte dite «caronade » (invention anglaise de 1779) prend la place des versions longues trop lourdes. Pour une efficacité similaire, les vaisseaux embarquent deux caronades pour un canon long.

A cette période, la fin du canon à boulet est proche. De nouvelles munitions apparaissent. Par le passé la gargousse et le boulet étaient chargés séparément. Afin d'augmenter la cadence de tir, les boulets sont ensabotés et réunis à la gargousse pour un seul chargement. Les projectiles du canon de 30 livres furent donc le boulet, l'obus et la boîte à balles.

Le canon-obusier de 30 livres est inventé avec toujours ce diamètre de 164,7mm. Un nouvelle génération d'obusier pur y succède. Plus tard viendra le canon à obus explosif qui conservera ce diamètre historique.

Le canon de 30 livres / 164,7mm de toutes générations s'est retrouvé en batterie de côte que la presqu'île de Crozon n'a pas manqué de percevoir. Les batteries basse de type Cornouaille en étaient pourvues sous sa forme initiale et la batterie de Kerbonn en fut équipée avec un réemploi et une mise sous casemate SK par l'armée allemande d'occupation sous sa forme moderne dont il reste un vestige du canon 164,7 mm Mle 1893-1896 sur la plage de Pen-hat.

L'histoire de ce calibre de 164.7mm est donc le reflet de l'évolution de l'artillerie de l'armée française. Synthèse du passé et projection vers l'avenir...

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