Fortifications côtières fort & corps de garde crénelé type 1846



Corps de garde crénelé type 1846 modèle N°2 avec sur son toit terrasse une voûte qui recouvre l'escalier d'accès. Les dépassements de mur s'appellent des bretêches. Celles-ci ont un sol perforé qui permet des tirs parallèles à la verticalité des murs.



Exemple d'armement côtier présent sur les batteries des corps de garde défensifs.

Régulièrement des commissions des défenses côtières restituent aux ministres de la Guerre des rapports sur l'état des installations militaires du littoral. Depuis le dernier plan Napoléonien et ses tours modèle 1811, plus rien n'a été modernisé, d'ailleurs beaucoup de sites militaires sont à l'abandon. Une circulaire ministérielle basée sur de nouveaux types de plans de fortins côtiers publiée le 31 janvier 1846 met en place un vaste projet de fortifications. Partout où cela est nécessaire, il est décrété que soit construit un corps de garde crénelé de type 1846 afin d'empêcher tout débarquement ennemi en France.

Le presqu'île de Crozon se voit ainsi affublée de 6 corps de garde :

Fort de l'Aber Modèle N°2 type 2

Fort de Camaret-sur-Mer Modèle N°2

Fort du Kador à Morgat Modèle N°2

Fort de Postolonnec Modèle N°2 type 1

Fort de Roscanvel Modèle N°3

Fort de Rulianec Modèle N°3

1-Roscanvel, 2-Camaret, 3-Kador, 4-Rulianec, 5-Postolonnec, 6-Aber

Si l'ordre est donné en 1846, il faut attendre 1857 pour que les estimations des coûts soient faites. La facture s'avère dispendieuse alors on pense en haut lieu à des formules économiques, des fortins "allégés", ce qui explique qu'à partir d'un même plan quelques variantes simplificatrices soient réalisées.

Les corps de garde crénelés ne seront jamais opérationnels parce qu'une nouvelle invention, l'obus explosif, rend inefficace ce genre de dispositif maçonné... Il va falloir construire en béton désormais. Ainsi donc, les côtes françaises sont parsemées de forts inutilisés dont beaucoup vont tomber en ruines et déconstruits, quelques uns seront réemployés, d'autres seront restaurés.

Ces corps de garde crénelés de type 1846 se ressemblent énormément pour des questions de constructions en série afin de réduire les coûts. Une sorte de répétition du Mur de l'Atlantique germanique moins d'un siècle plus tard. L'armement attribué est normalisé lui aussi. Des canons de 164,7 mm - 30 livres. Des obusiers de 22 cm. Des mortiers de 32cm. Les matériels appartiennent à la Marine Nationale et sont donc servis par des artilleurs de Marine présents dans les forts uniquement en cas de conflit. En temps de paix seul un gardien y loge. Avant même la fin des travaux, ordre est donné de déployer de nouveaux canons rayés car les éventuels ennemis disposent désormais de navires blindés, les cuirassés...

Très rapidement, la marine anglaise n'est plus considérée comme ennemie, la Prusse inquiète davantage. Les forts, un à un, sont abandonnés. Ceux qui restent en sommeil sont sous-équipés en nombre de canons et en capacité de tir. La guerre de 1870 se fait sentir.

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