Les exercices de tirs des batteries de côte de l'armée française

Exercices d'une batterie de côte de canons de 240mm.

Exercices d'une batterie côtière de canons de 95mm.

L'essentiel de l'activité des batteries de côte françaises fut de l'exercice de tir sur cibles fixes telles que rochers, îlots, etc. Certaines îles à portée des côtes de la presqu'île de Crozon s'en souviennent encore, des marques dans la roche en témoignent.

Sinon ce sont des exercices de tirs sur des cibles mouvantes simulant une marine ennemie. Dans les derniers temps de ces manœuvres d'artillerie côtière, certains vapeurs brestois (navires navettes de transport de touristes) étaient réquisitionnés pour tirer une épave derrière eux afin que les artilleurs apprennent à ajuster selon les indications du télémètre. Exercices sporadiques ne prouvant en rien la performance de la batterie comme en témoigne les manœuvres de 1898. La communication entre les batteries se faisait par mât signal en visuel en attendant le téléphone.

La presse locale était informée à l'avance sur les lieux et les conditions. Les Crozonnais entendaient tonner les canons déchaînés mais avaient l'assurance d'une fête le soir venu avec les militaires. Le seul personnage exténué de ces journées d'affolement encadré était le gardien de la batterie qui voyait sa tranquillité vaciller durant des semaines. Les batteries de côte étaient exemptes d'activités et de personnels en temps de paix. Le gardien dont l'habitation était in situ, avait pour mission de surveiller l'installation. Malheureusement quand se profilait les manœuvres, celui-ci devait aller réceptionner les munitions et les poudres aux cales de Roscanvel. Il était responsable des stocks, de l'acheminement du matériel jusqu'à sa batterie. L'accostage était déjà aléatoire en fonction des marées et de la houle. Le reste du transfert par voitures attelées par des militaires puis le stockage dans les magasins à l'abri de l'humidité étaient une lourde responsabilité d'autant plus visible que l'état major régional observait la qualité des services. Le gardien qui était un civil, reprenait vie à la fin des festivités durant des mois, jusqu'à la prochaine manœuvre.

Les grandes manœuvres consistaient à adjoindre des mouvements de troupes par les terres pour simuler des attaques à revers. Il y avait rarement des morts et souvent des blessés accidentels. La défense côtière fut donc un grand excercice de dissuasion.

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