L'évolution du mortier de côte

Mortiers du 17ème siècle à deux feux. Un feu pour projeter le boulet et un feu pour faire exploser le boulet.

Ultime version à canon lisse 1882 à boulet de 60 cm.



Le sol absorbe le recul. Batterie de mortiers de 270 mm.







Mortier de 220mm modèle 1881/91 du colonnel de Bange d'abord utilisé dans les batteries lourdes de campagne, assez rapidement dépassé techniquement, il passe en usage fixe.













Dernière version du mortier de 220 mm modèle 1881. Un frein hydraupneumatique lui est ajouté en 1891. "Tige" basse à l'avant. Portée 4000 m maxi. Obus à fond lisse tiré à l'aide d'une gargousse.



Le mortier de côte ne dispose pas d'attelage de déplacement tel que le mortier de siège dont la position est tenue durant la durée de l'attaque du point de résistance avant d'être déplacé. Le mortier de côte reste sur place sans attelage y compris en temps de paix tant qu'il est jugé apte au service. Il est fixé au sol. Néanmoins, des pièces de côte ont été prélevées des batteries côtières, débarrassées de leur affût fixe, remontées sur un attelage et reversées pour soutenir l'artillerie de la guerre 14-18.



Le mortier de 270 mm modèle 1885 est de conception du Colonnel Charles Ragon de Bange. Il appartient à la même génération que celle du 220 mm  avec un canon rayé et un chargement identique par la culasse.

Cette version du mortier de 270mm modèle 1889 G fut présente en trois exemplaires dans la batterie française de Kerbonn en Camaret-sur-Mer.

Mortier de côte avec son affût spécifique boulonné sur dalle bétonnée. Le mortier 270 mm modèle 1889 G (développé par le ministère de la guerre) reprend le même canon que la version 1885 mais utilise un tout nouveau affût de type Vavasseur et Canet (Vasseur selon certains ouvrages) orientable sur 300°, idéal pour la défense côtière. Il semblerait que ce mortier fut le plus abouti, précis et "rapide" soit 1 coup par 3 minutes. Certains historiens lui accordent une part de la victoire lors de la guerre 14-18. 24 canons seront réemployés par l'artillerie côtière allemande lors de la seconde guerre mondiale. 10400 m de portée maximale (soit bien au delà de son usage de performance), obus à gargousse de 180 à 230 kg selon la version, mise à feu par étoupille à friction.







Position caractéristique du tir de mortier e cloche par dessus l'obstacle ou sur cible peu éloignée.

Le mortier est une arme utile dans les batteries de côte pour atteindre des vaisseaux ennemis qui auraient réussi à approcher le rivage soit dans l'espoir d'un débarquement de troupes, soit pour un mouillage abrité qui aurait permis de tirer sur une batterie côtière.

Un canon opère un tir tendu qui projette le boulet (ou obus) pratiquement à l'horizontal et atteint la coque du navire visé. En haut d'une falaise, le canon est dans l'impossibilité d'atteindre une cible de proximité. Son tir passe au-dessus du vaisseau.

Le mortier projette le boulet à une plus courte distance en ayant décrit une trajectoire en cloche. Le tir à 45° est souvent un minimum. Le boulet tombe à la verticale sur le pont du navire et occasionne de gros dégâts. Du haut d'un promontoire, derrière un talus, le mortier atteint sa cible à quelques centaines de mètres sans être lui-même atteignable puisque protégé par un parapet naturel ou maçonné. Le mortier de côte est d'abord chargé par la bouche. Puis l'arme s'allongeant considérablement, il fallut charger par la culasse. L'évolution technique intervient aussi sur les projectiles en passant du boulet à l'obus explosif. Du tube lisse au tube rayé...

Arme ô combien imprécise, surtout sur les cible mobile, mais très dissuasive, elle fut mixée dans les batteries de la presqu'île de Crozon avec des batteries de canons.

Dans les états-majors, il y eut des réunions stratégiques qui opposaient les militaires favorables au mortier à leurs détracteurs. L'équipement des batteries en Crozon connut ces variations d'équipement. Les commissions militaires successives firent la part belle alternativement aux mortiers ou aux canons selon la tendance du moment pour un fournisseur principal Schneider. L'obusier qui est une sorte de compromis est aussi intégré dans les lignes de côte.

Le mortier de côte tombe en désuétude du jour au lendemain à la suite de la première guerre mondiale. La plus grande mobilité des cibles nécessite des tirs de suivis directs. Le mortier jusqu'au début du 20 ème siècle est une arme de gros volume servie par un groupe d'artilleurs. Ensuite, le mortier moderne (petit modèle) est transportable à dos d'homme et devient une arme d'infanterie dont l'un des premiers fabricants français réputés fut Brandt.

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