Projecteurs de batteries de côte du Goulet de Brest (côté Sud)



Premiers peojecteurs de marine en série de type Mangin.



Locomobile Sautter et Lemonnier 1881. Machine à vapeur pour alimenter le projecteur de 60cm.





Les dynamos de Gramme industrialisées par Sautter-Lemonnier pour usines électriques de batterie de côte. 1889.

En attendant une installation en dur, certains éclairages nomades ont été installés sur la côte de Roscanvel.

Projecteur Mangin sur roues pour abri de côte.









Groupe électrogène de 1939 pour usine de batterie.

Le matériel de la WW2.

La navigation nocturne et les risques d'intrusion ennemie dans le Goulet de Brest sont désormais pris en compte par l'état major de la marine. Un cuirassé (navire de guerre blindé, armé, motorisé) pourrait entrer dans la passe par une nuit sans lune et entamer le siège de Brest, port de guerre stratégique de la France du 19ème siècle. Du temps de la marine à voile, l'intrusion des navires était périlleuse à cause de la complexité des courants et des hauts-fonds. La puissance de la motorisation et la capacité de faire machine arrière change la donne : il faut éclairer le Goulet de Brest et ses abords pour surveiller la navigation.

L'invention du projecteur militaire est plurielle et espacée dans le temps. Le croisement de plusieurs techniques qui se sont additionnées ont permis la mise au point des premiers postes photo-électriques (terme militaire désignant les projecteurs).

Louis Sautter rationalise les procédés et met en forme un premier projecteur français en 1859 plutôt destiné au phare de côte. La mise en production de série des projecteurs est le fait de l'entreprise Sautter dont le prototype est testé sur le yacht « Reine-Hortense » du Prince Napoléon en 1867. Le projecteur éclaire certes mais imparfaitement, il génère des halos parasites. Survient aussi l'immense problème de l'alimentation en électricité par des machines à vapeur encombrantes nécessitant eau douce et combustible en grands volumes.

1870, Zénobe Gramme invente la dynamo électrique qui est immédiatement développée par l'entreprise Sautter. Le transport du courant électrique par câble selon Hippolyte Fontaine en 1873 est une étape supplémentaire, et enfin le Colonel Mangin met un terme à la mauvaise diffusion de la lumière par des lentilles-réflecteurs.

La marine équipe la pointe de Cornouaille d'un projecteur de 90 cm en 1884 à titre d'essai. L'installation est aérienne mais concluante. Néanmoins le projecteur n'a aucune protection et le moindre éclat d'obus brisant un miroir rend l'éclairage inopérant. L'installation de d'autres projecteurs va nécessiter des abris. L'îlot des Capucins dispose d'un projecteur fixe protégé en 1885. Idem pour le fort de Cornouailles.

Entre 1893-1895, d'autres projecteurs sont en activité sur la côte de la presqu'île de Roscanvel côté océanique. Des projecteurs mobiles, sans protections, sont ajoutés par intermittence à Cornouaille (1 de 90cm), à la Pointe des Espagnols (1 de 60 cm et 1 de 90 cm). Fort Robert se voit équipé d'un projecteur sous abri.

L'énergie électrique est disponible par des locomobiles – machines à vapeur protégées dans une usine électrique (Capucins, Robert, Cornouailles) qui n'est autre qu'un bâtiment à grande ouverture voûtée pour des questions de ventilation quand la solution adoptée est le projecteur fixe. Les murs en maçonnerie ordinaire sont plus épais si la façade est exposée aux obus. Les machines à vapeur réclamant une grande quantité d'eau douce, des citernes sont installées à proximité de l'usine qu'elles desservent. Ces cuves rectangulaires sont présentes sur l' îlot des Capucins, du Diable et Kerviniou.

En 1898 trois nouveautés techniques améliorent les performances des projecteurs. Un diamètre de 150cm pour une portée de 5km hors brumes et brouillards. Une mécanisation électrique installée dans le pied du projecteur qui permet des rotations multiples commandées à distance par un seul artilleur logé dans un poste de commande à l'écart. Désormais le projecteur est levé sur roues métalliques posées sur rail pour l'escamoter dans le coude des nouveaux abris résistants aux bombardements.

Les petits projecteurs sont utilisés dans les batteries du Goulet ne nécessitant pas une portée au delà de deux kilomètres par contre les projecteurs de 150 cm vont entrer en action dans les batteries orientées plein Ouest vers la mer. Ces projecteurs de 150 cm vont être « habillés » par des abris entièrement repensés à partir de 1910. Des casemates en béton armé qui peuvent être confondues avec les blockhaus allemands qui vont bientôt fleurir dans les parages lors de la seconde guerre mondiale. Le béton armé épais est donc devenu la norme de construction car les obus explosifs sont bien plus destructeurs.

On parle désormais de groupe électrogène, de moteur thermique, dans ces usines électriques ( îlot du Diable, Kerviniou) qui ont désormais une pièce de vie pour les personnels affectés au groupe et au projecteur.

En 1914 la côte de Roscanvel dispose : D'un projecteur fixe de reconnaissance sur l'îlot des Capucins. D'un projecteur chercheur de reconnaissance au Toulinguet, sur l'îlot des Capucins, à Cornouaille et fort Robert. D'un projecteur de tir au Toulinguet, à l'îlot du Diable, à Kerviniou, au fort Robert, à la pointe des Espagnols.

Après guerre, les évolutions techniques se poursuivent. Les miroirs Mangin sont remplacés par des miroirs paraboliques. Les projecteurs sont couplés aux mouvements des canons par téléguidage et suivent conjointement les cibles du ciel et de la mer. Les groupes électrogènes ne sont pas en reste, puissance, compacité toute relative encore.

Les ultimes aménagements de la côte sont effectués par la marine aux batteries modernes du Cap de la Chèvre (existante) et de la Pointe du Gouin (détruite) juste avant la seconde guerre mondiale. L'armée d'occupation allemande va intensifier et moderniser les dispositifs.



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