Prénom breton masculin féminin mixte : le vrai du faux

Des livres, des rubriques de magazines, des sites internet, vous initient aux prénoms bretons avec beaucoup d'approximations et d'invraisemblances.

Si vous êtes soucieux-se d'authenticité, vous allez avoir du mal à choisir un prénom masculin, féminin ou mixte véritablement breton. Voici pourquoi...

La langue bretonne ne fut pas écrite avant le 8ème siècle et quand elle le fut, elle n'était qu'une transcription phonétique arrangée par des intellectuels latinistes parfaitement éloignés de la langue du peuple qui ne savait ni lire, ni écrire. La langue bretonne est à « étage » : ancien breton – breton moyen – breton moderne (lui-même subdivisé). Chaque nouvelle ère balayant pour beaucoup la précédente. Une langue manipulée par les religieux catholiques autant que cela était nécessaire pour la diffusion de la foi chrétienne en territoire des magies et des légendes.

La plupart des prénoms bretons sont issus de patronyme de saints Bretons au nombre de 800 alors que l'église de Rome n'en reconnaît qu'une poignée. Les Bretons ont mémorisé toutes les personnes généreuses de leur quotidien, et au coin du feu, quand ils en avaient les moyens, ont forgé une histoire devenue légende sans se préoccuper des saintetés romaines. Rome considérait ces saints régionaux comme vénérables, rien de plus... Un saint breton était souvent un seigneur qui avait endossé la bure pour venir faire preuve de pauvreté en Bretagne dans l'espoir de créer une communauté religieuse sous son autorité afin de tirer les bénéfices de son rayonnement personnel et de devenir évêque. Ces premiers moines provenaient majoritairement des îles britanniques alors déchirées en guerres intestines. Certains second fils (et suivants) de famille ne pouvant espérer le titre et les terres de l'aîné, ont préféré faire carrière dans un clergé où les plus habiles pouvaient obtenir ce que leur naissance secondaire leur refusait.

Pour les quelques prénoms bretons restants ce sont des attributions statutaires ou descriptives. Un fils de noble avait un prénom créé de toute pièce à sa naissance symbolisant la force et s'il était de bonne réputation ce prénom survivait au défunt.

Les prénoms descriptifs étaient aussi créés pour décrire une apparence physique du nourrisson, ou son lieu d'habitation, ce qui généra des prénoms originaux mais mixtes. Un petit garçon ou une petite fille pouvaient se prénommer « enfant de la falaise » parce que ses parents vivaient sur les hauteurs en bord de mer. Si le mot inventé de toute pièce plaisait au village, souvent hermétique au reste du monde, le prénom passait les générations en se muant régulièrement par des variantes éphémères.

Le prénom authentique breton est mixte à l'origine. Les moines souhaitant une harmonisation entre les prénoms latins et les prénoms bretons afin que les saints et les saintes soient vénérés distinctement, ils ont décliné les prénoms masculins au féminin en considérant que le prénom original était masculin et qu'il fallait ajouter simplement un a ou ez pour féminiser l'existant. La conséquence de ceci est que les prénoms actuels n'étant pas mixtes, ne sont pas réellement d'origine bretonne mais sont des adaptations linguistiques introduites tardivement.

Les papes ont adorés les légendes bretonnes, les récits qui leur parvenaient ont permis à des prénoms de héros Bretons de s'immiscer dans la culture latine. Ainsi, de jeunes moines Romains étaient venus évangéliser les terres celtes en portant un prénom breton romanisé qui se réintroduisait dans la culture bretonne pour en ressortir nouvellement écrit en breton moyen.

Bien des ouvrages et des sites internet vous dévoilent la signification des prénoms bretons en y faisant des traductions, des associations d'idée, des recopiages de suppositions anciennes... Dans les faits, un authentique prénom breton n'a pas de signification connue. Seuls les prénoms modernes qui sont des arrangements mi français/latin - mi breton peuvent faire l'objet d'une vague traduction acrobatique... Les véritables sources bretonnes étaient exclusivement orales et comme la véritable langue bretonne originelle est une langue morte, tout est oublié... Si oublié, que certains saints Breton, évêques par automaticité historique complaisante (non enregistrés à Rome), suscitent des doutes quant à leurs existences réelles. Leurs prénoms pourraient avoir été inventés pour les besoins de la grand cause, celle de l'imaginaire breton très riche puisque la pauvreté ennuyeuse était un quotidien silencieux. Les résurgences modernes du breton sont des accommodements linguistiques... plus ou moins étymologiques.

Un exemple volatile de l'évolution de la langue bretonne  : gwelan signifie goéland et ceci sous sa forme écrite la plus ancienne connue qui est déjà tardive (gwel viendrait du blanc sacré). Ce mot est passé dans le français courant par goéland puis est revenu en breton moderne sous la forme de gouelan, ou gwillou... La terminologie ou (comme ig) donne une tonalité attendrissante qui s'apparente aux diminutifs que les Bretons affectionnaient tout particulièrement. Bien des mots et des prénoms étaient « attendris » ce qui faisait qu'un prénom offrait une multitude de variantes elles-mêmes déclinées par delà les cantons.

Ainsi en presqu'île de Crozon, la culture bretonne était variable selon que l'on habitait à l'Ouest marin ou à l'Est terrien... La presqu'île étant coincée entre le Léon (Finistère Nord) et la Cornouaille (Finistère Sud) la langue parlée était assortie d'originalités. Des déclinaisons de prénoms variaient à quelques kilomètres près d'autant que si les Bretons adoraient les diminutifs, ils raffolaient des surnoms autant pour les pierres, les arbres que les personnes, histoire de rappeler que la langue bretonne est une tradition orale insaisissable.

En presqu'île de Crozon, nombreux sont les statuaires de Saints Bretons dont le prénom fut dénaturé sans que les Bretons eux-mêmes ne s'en rendissent compte étant dans l'incapacité de lire le prénom gravé sur le socle de sorte que dans les églises, le curé invitait à la dévotion d'un Saint Breton latinisé ou francisé selon la période et secrètement le paroissien priait le vénérable sous son prénom d'antan...
• Saint Rioc (ou Riok) fut souvent bannit du langage ecclésiastique et adulé par l'âme bretonne. Preuve, s'il en est, le Saint Rioc fut un mauritanien.
• Saint Sulian est devenu Saint Julien, etc.

Enfin, certains prénoms bretons se sont mués en nom de famille comme Saint Drigent (Sant Ritgen à l'origine) devient le patronyme des familles Drigent. Idem pour Levenez ou Lévénes...



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