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⇒ Dis-moi ton nom
puisque je t'aime

T

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— Fais gaffe ma fille, il paraît que c'est du copieux qu'on te sert. Personne n'a voulu me dire le nom du gars. Tu es sûre qu'il n'y a rien du côté de chez toi ?... Je ne comprends pas... Non non ce n'est pas l'IGS, j'aurais pu avoir des infos si cela avait été le cas... C'est plus haut... Tiens-moi au courant.
Poussée de stress cutané, le bouton de fièvre vient au monde sans gestation en bas à droite des lèvres... Pourquoi le ministère lui fait une telle vacherie... La commandante aurait voulu affirmer à son équipe que la venue du suppositoire administratif ne pouvait en aucun cas être consécutive à une combine louche et fusiller chaque trombine pour en extraire le substantifique trouble du fautif. Elle se décolle du velours de son fauteuil de service, sort du bureau, s'oriente vers le bruit de la pièce principale du commissariat et demande un bref silence qu'elle réceptionne aisément. Le staff est docile et bien armée contre les communications affligeantes de la hiérarchie. Quelle est donc la mauvaise nouvelle ? La photocopieuse sera remplacée dans deux ans, le néon du couloir restera clignotant à vie ?
— Demain nous avons la visite d'un représentant du ministère, il semblerait que ce soit un observateur de haut vol, j'ignore l'objet de son déplacement et quelles sont les intentions du ministère. Nous sommes priés de le recevoir avec la bonne humeur policière qui nous caractérise...

Journée pourrie, maux de ventre, nez qui gratte et bourdonnements de tympans.

La nuit d'Annick fut celle des paupières en warning. Elle sort du lit avec l'impression qu'un rouleau compresseur lui est passé dessus et à ce titre elle se tourne devant le miroir de son armoire sans style particulier... Son postérieur ne s'est pas aplati et la cellulite ne s'est pas dissolue, peut-être même s'est-elle incrustée. Chaude ambiance donc, petit-déjeuner de café pas plus, douche, séchage, brossage de la blondeur chimique, soutif frou-frou, chemisier blanc et sourire en concombre taciturne.

Clé de voiture... Rue de banlieue, centre-ville, commissariat. La commandante est arrivée à l'heure et a oublié d'être en retard de cinq minutes, un retard qui se répétait depuis 4 ans, depuis le jour de sa prise de fonction. Un chef prend le loisir de son retard mesuré, telle est la conviction de la commandante scintillante – le front se décrépit par le poids du maquillage. L'équipe de 18 policiers est à jour. Certains ont mis un polo chic, d'autres un tee-shirt choc à plis rectilignes. Dans l'ensemble, l'attifement est potable comme une eau traitée. La clique est prête à recevoir le costume nouée à sa cravate ; un petit entrainement de risettes cale la présentation suggestive. La jeune lieutenant Céline Richter demande quel fauteuil bancale sera attribué à... Le policier de l'accueil vient à vive allure vers sa supérieure hégémonique. Un homme souhaite rencontrer la responsable. Silence on tourne... Chacun trouve à simuler une activité indispensable tout en louchant grave vers le missionnaire. Bien sûr, la plus embarrassée est Annick : les administratifs poussiéreux lui tire la houppette. Sa joue gauche fait du trampoline, tic nerveux qu'elle déplore depuis son enfance contrariée. Voici le parfait moment pour paraître dépassée par les événements et être coupable de perdre les pédales sans être montée sur un vélo. En pleine fronde factice, elle exige qu'on lui ramène le fouineur sur place car elle n'a pas l'intention de bouger un orteil... Affirmation du moi stupide, mais le moi a ses fiertés déplorables incompressibles. L'ordre appuie sur la vessie compressée, le moindre mouvement livrera sa goutte. Lire la suite de la nouvelle

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