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⇒ Dis-moi ton nom
puisque je t'aime

T

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Au delà de la digression momentanée, Annick sait pertinemment qu'elle tient un fil qu'elle n'a pas l'intention de lâcher. Mr Dupont est dans le flou coincé entre préservation et divulgation. Admettre la nécessité d'une aide est le début d'une narration. Annick devine le dilemme, s'en offusque sournoisement tandis que la jeune femme prend la balle au bond. Elle est vive, aussi vive que vivante :
– Nous sommes en danger depuis des années.
Le frère n'apprécie pas la démarche.
– Ça suffit, joue avec ta mort mais ne m’entraîne pas dans ta folie. Nous ne sommes plus rien que des gens sans attache. Nous ne valons pas l'air que nous respirons et tu le sais très bien.
La colère monte tant que les yeux d'Annick ne viennent pas se poser sur le regard de la jeune-femme. C'est fait, le lien est tissé.
– J'ai confiance en toi, tu es une bonne âme, mon frère n'a plus de lumière, toi tu as du soleil en toi. Que mon frère fasse ce qu'il veut, moi je prends ton aide comme le cadeau de mon salut. Je n'ai rien à t'offrir, je n'ai que ma mémoire qui te célèbrera.
Le cœur d'Annick prend un espace céleste, un cœur atteint en plein cœur, si cela est possible. Un sentiment est né. Il n'est pas identifié, il est touffu, où est la tête, que devient la raison. Le délice est subtil.
– Mr Dupont,
Annick fermement,
– L'individu au bonnet vert doit-il apparaître dans le dossier ou doit-il disparaître dans la nature ?
– Ce serait préférable...
L'homme embarrassé jusqu'à l'humeur défaite n'a pas eu le temps de finir.
– Brigadier, conduisez le témoin où bon lui semble mais à 50 km à la ronde, faites en sorte qu'il y soit vu. Une fois déposé rejoignez la gendarmerie. Aucun rapport écrit à ce sujet. Prévenez votre officier et dites lui de nous rejoindre, s'il-vous-plaît.
Le bonhomme vert un peu cabotin fait la pantomime avant de partir.

Le second gendarme a mieux ouvert le passage et fait une inspection du local.
– Commandante, le coffre appartient à l'armée française !
Exclamation qui informe de l'ampleur de la circonstance.
– Mr Dupont, en connaissez-vous le contenu ?
Il veut éluder. La sœur répond :
– C'est une arme de l'armée française. Le gouvernement français a livré des armes pour soutenir ma famille au pouvoir. La livraison est tombée dans les mains d'opposants. Ton président ne veut pas que ça se sache. Il y a des documents secrets dedans...
Le lieutenant de gendarmerie arrive et vient d'entendre. Le jeune gendarme quant à lui ressort du local. Annick demande à rester seule avec l'étrangère, celle-ci sait doser les confidences.
– Lieutenant ramenez le préfet. Il va falloir agir vite.
L'officier est totalement d'accord, ce genre d'affaire peut amener les galons dans le caniveau.

Cécile raccompagne Mr Dupont aussi dépité que libéré d'une certaine manière. Il est loin le fringant demi-dieu, il reste un beau jeune-homme fragile. Lire la suite de la nouvelle

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