Souvenir du cuirassé Suffren à Telgruc-sur-Mer

Un marin victime du devoir inhumé au cimetière de Telgruc-sur-Mer. Le quartier-maître Yves Marie Thomas, chauffeur. Il participait au maintien du rendement des machines de propulsion.









Rodolphe Guépin commandant le Suffren à gauche mort à 49 ans. Hans Walther commandant le U boat-52 à droite. Ce dernier finira sa carrière en 1942 en tant que contre-amiral et décèdera en 1950 à 67ans. 43 navires de coulés dont 2 de guerre, 3 endommagés dont 1 de guerre, 2 capturés. Deux destins bien différents...

Le cuirassé Suffren mis à l'eau en 1899 fait partie de l'élan des constructions maritimes toujours plus grandes avec des blindages sensément protecteurs. Du nom du vice-amiral Pierre André de Suffren (18ème siècle), le cuirassé fut le navire amiral de la flotte des cuirassés en Méditerranée qui tenta le siège de la bataille de Gallipoli.

En 1915, pour des raisons de géopolitique, la marine britannique et française regroupent alors les principaux navires des flottes respectives en Méditerranée pour user de leur artillerie de marine envers l'empire ottoman (allié de l'Allemagne) afin de favoriser un débarquement de troupes sur des terrains accidentés.

L'artillerie ottomane terrestre pilonne avec efficacité une myriade de navires de surface empêtrés et sujets à des contacts avec des mines. La débâcle est totale, navires coulés, endommagés, des centaines de victimes périssent en mer. Le repli est ordonné.

Le Suffren de 128.8 mètres de long est touché et prend partiellement l'eau. Des obus ennemis ont généré des voies d'eau dans les salles utiles aux tirs. Certaines sources parlent aussi de dégâts légers mais inquiétants faits par des mines. Le cuirassé se retire du siège et se réfugie à Malte pour des réparations de premières nécessités. Ensuite celui-ci revient vers la France.

Au large du Portugal, le sous-marin U boat-52 (Unterseeboot 1915), de classe Mittel, (62 mètres de long et 36 hommes d’équipage) est en chasse. Le kapitanleutnant Hans Walther découvre le 26 novembre 1916 au matin, un mastodonte balotté par une mer agitée qui ne semble pas avancer bien vite. Le cuirassé est à peine à mi vitesse, moteurs défaillants, et sans aucune protection. Une seule torpille lancée du tube n°2 semble avoir touché une soute à munitions. Le Suffren fierté de la France, explose et coule à pic. 648 marins périssent par l'explosion ou la noyade générale. Le capitaine de frégate Rodolphe Guépin commandant le Suffren est privé de tous moyens d'agissement tant cela est rapide.

Selon le journal de bord de l'officier Allemand, surpris, qu'une seule torpille puisse couler un tel navire commente qu'en sombrant, le cuirassé endommage le périscope et la coque du sous-marin qui pendant 30 minutes cherche des survivants avant de se retirer. L'officier enregistre un cuirassé sans doute anglais. Ce n'est qu'après guerre, qu'il apparaît qu'il s'agissait du Suffren. Pendant un temps, l'amirauté française est convainue que la tempête est la cause du désastre.

Sur un même navire, il n'est pas rare que plusieurs marins soient du « pays ». Quand la catastrophe arrive, ce sont les familles du même village ou de la commune voisine qui pleurent ensemble. Ce jour là, cinq autres militaires de la presqu'île devaient périr.
• Quartier-maître François Marie Le Bretton canonnier 23 ans (Lanvéoc)
• Matelot Pierre Marie Jacoby canonnier 22 ans (Telgruc)
• Quartier-maître Jean-Marie Marchadour chauffeur 38 ans (Landévennec)
• Second-maître Corentin Le Mevel mécanicien 33 ans (Telgruc)
• Quartier-maître Yves-Marie Torillec électricien 29 ans (Landévennec)
• Second-maître Jean Joseph Herjean canonnier (Crozon Camaret)

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