Les grands gravelots de la plage de Morgat en forme grâce à la Covid-19

En 2021, le Grand Gravelot est encore présent sur la plage de Morgat cependant la cohabitation avec les humains est difficile.

Démonstration tonique en musique tambourinante à côté des mesures de protection de la nidification des grands gravelots. Des cris, du bruit, des oiseaux en couvaison affolés.

Lors du premier confinement de la population française le 17 mars 2020 à 12h, suite à la pandémie de la Covid-19, l'accès aux plages fut complètement interdit pendant 55 jours sur le territoire français. 55 jours de calme absolu pour la zone littorale. Profitant de la quiétude des lieux, un couple de Grand Gravelot – Charadrius hiaticula – décida de nicher sur la plage de Morgat pensant sans doute que l'espèce humaine s'était subitement volatilisée. Le Grand Gravelot est une espèce en danger à cause de la présence humaine trop intense sur son lieu de vie : le bord de mer. En 2020, il était comptabilisé 200 couples en France seulement, dont 70 en Bretagne mais uniquement sur l'île de Sein et l'île de Molène, là où il subsiste une relative tranquillité. Cet oiseau a cette manie de nicher sur le sable entre les galets sans faire d'aménagement particulier et cela en haut des plages au pied des dunes... Surnommé Gégé et Gégette par la population de la presqu'île de Crozon, le couple d'amoureux a sans doute confondu une plage hautement touristique avec une proximité de dune sauvage. L'absence de bipèdes orchestra la confusion mais avant tout l'aspect dunaire de la plage de Morgat contribua à l'égarement. Une légère altitude grandissant chaque année permet à la végétation maritime de s'implanter évitant ainsi la baignade aux marées hautes. L'enchainement de circonstances mena le couple à une première ponte qui aurait échoué mais fort heureusement une seconde datée du 13 ou 14 juin fut splendide puisque 4 poussins nidifuges - "cavaleurs" dès leur naissance - furent bien nés le 3 juillet environ. Quatre petites boules de duvet "gris galet" qui se mirent à voler 24 jours plus tard comme le timing de leur évolution le leur ordonne.

L'habitat sommaire de l'oiseau, ses œufs gris mouchetés ressemblants à de petits galets jusqu'à s'y méprendre, les bambins baladeurs, tout concourut à ce qu'une clôture fut installée sur la plage sur un large espace afin d'instaurer des distances sociales entre les oiseaux et les hommes. Cette nidification frondeuse étant rare, le Grand Gravelot stressant très facilement, les autorités locales ont planté des piquets, tendu des fils et accroché des pancartes informatives. La trêve territoriale était prometteuse jusqu'à ce que dans la nuit du 7 au 8 juillet, ce cordon sanitaire bienfaisant soit détruit par des hominidés enragés sans doute privés de liberté de circulation. Le Parc naturel marin d’Iroise engagea immédiatement une procédure judiciaire pour perturbation intentionnelle d’espèce protégée. Les gendarmes en furent saisis !

L'exclos devait être démonté le 2 novembre 2020 sachant qu'une fois les petiots autonomes, chacun s'envole vers sa destinée en quittant la zone de nidification pour ne pas y revenir avant le printemps suivant si le calme le permet. Oui mais voilà qu'une autre incongruité survint, et ceci sans nulle doute possible dans le cadre d'un regroupement familial de belle envergure, le 15 et 16 septembre, il fut compté 35 gravelots utilisant la zone protégée comme reposoir, c'est à dire au titre de plage de détente où il fait bon prendre le temps de vivre. Une sorte de zone touristique volatile. Pleine d'empathie, les autorités locales décidèrent de laisser la clôture en place pour réduire les intrusions humaines et canines dans le camp de vacances. Dès lors il n'était pas rare de voir des vols agités de gravelots quand les promeneurs s'agglutinaient à proximité de la plage privée. La cohabitation semblait incertaine voire improbable quand un nouveau miracle se produisit : un second confinement de population fut ordonné le vendredi 30 octobre à la grande joie des gravelots qui allaient désormais côtoyer un petit quota de Morgatois distants de moins d'1 km, ce qui réduisait le champ des possibles visiteurs et le nombre d'intrus.

Sachant que le cordon de galets et quelques végétaux littoraux sont protégés jusqu'aux profondeurs des institutions européennes, sachant que certaines plantes protégées au niveau régional telles que la Renouée maritime – Polygonum maritimum – présentes sur le site depuis 2010, constituent les autres facteurs environnementaux de cette parcelle de plage touristique nouvellement devenue écosystème, les promoteurs du béton digue pour la protection du port de Morgat contre l'ensablement risquent d'être à l'épreuve d'une énième contrariété, les touristes en quête d'un espace infini de déplacement sur la plage de la station balnéaire risquent de trouver le gravelot effronté et empêcheur de poser serviette en été.

Il n'y a pas si longtemps, la plage de Morgat faisait l'objet de promesses d'aménagements touristiques douches publiques comprises, une riviera bretonne; en 2020, le virage à vive allure s'orientait vers une protection environnementale grâce à la Covid-19. Le virus écologique allait-il contaminer les décideurs, ou la pression touristique allait-elle expulser les gravelots juste avant qu'une grande marée n'effaça toute trace de vie sur la plage/grève de Morgat. Une plage qui poursuivra de toutes les manières son inexorable ensablement aux coûts d'entretien dispendieux et toujours insuffisants...

Les gravelots firent parler d'eux dans toute la presse nationale comme on ne parla jamais avec autant de ferveur de la cause naturelle en confrontation avec les modalités d'un tourisme préjudiciable. Merci à Gégé et à Gégette, tenez bon tant que vous le pourrez ! La cohabitation entre vous et nous est-elle possible ? A vous de nous donner une bonne leçon de vie partagée, car par nous-mêmes nous ne parvenons à rien de concret et durable.



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