Escadre de réserve puis cimetière de bateaux de Landévennec

L'appellation escadre de réserve est pompeuse ! En effet sous Napoléon III, la Marine décide d'utiliser l'Aulne à la hauteur de Landévennec comme port d'attache d'une partie de la flotte française qui supplée celle de Brest. Des eaux calmes, une profondeur suffisante, des méandres et des collines avoisinantes sont autant de gage de sécurité militaire. 200 marins d'équipage viennent en chaloupe à Landevennec. La fête bat son plein jusqu'au début du 20 ème siècle, les cabarets sont bondés. Les commerçants font fortune ! Landévennec connaît un développement économique sans précédent, la population est en augmentation constante...

En 1840, un pacha (commandant de navire) ordonne le confinement de ses marins à bord pour que cesse les ivresses. Immédiatement, les cabaretiers font parvenir une pétition au maire de l'époque pour que reviennent les militaires au plus vite, le chiffre d'affaire étant dangereusement à la baisse. Gain de cause, on débarque les marins bienheureux de ce soutien moral liquide.

L'Anse de Penforn, sur l'Aulne a vu passer tous les grands navires de bois ou de métal de la Marine Nationale soit en situation d'escadre de réserve c'est-à-dire de navires secondaires prêts à partir en guerre et venant en soutien à l'escadre de Brest, soit en situation de cimetière de bateaux et ceci de plus en plus souvent avec le temps passant. Penforn verra des navires inachevés par manque de budgets militaires. Des navires inachevés parce que dépassés techniquement avant même d'être mis en service. Des navires inutiles parce que les stratégies militaires avaient changé... Des navires de transport "épuisés"... Le gaspillage de l'argent public est sans fin... Des commissions parisiennes viennent sur place constater l'envahissement de la pourriture des bois, et la propagation de la rouille. Le minimum d'entretien monopolise des militaires commandés par un lieutenant de vaisseau et devient dispendieux. Des rapports sont publiés. La presse parisienne raille les gouvernements. Les politiciens promettent de trouver des solutions économiques pour la destruction des navires... Aujourd'hui des navires de la Marine Nationale séjournent dans le cimetière de bateaux de Landévennec... L'amiante qui tapisse l'intérieur des bateaux est un sujet écologique nouveau...

Des bateaux civils tel que le Paquebot le "Pasteur" y transite...

Pêle-mêle, les navires illustres du cimetière de bateaux de Landévennec :
Le premier croiseur protégé français, le Sfax (à ne pas confondre avec un sous marin français du même nom qu'à Lanvéoc on n'oubliera jamais) qui ramena le Capitaine Dreyfus de l'île du Diable en 1899. Le croiseur cuirassé Montcalm qui fit voyager le Président de la République Française Emile Loubet jusqu'en Russie pour y inviter le Tsar à déjeuner à bord le 23 mai 1902. Le navire école Iphigénie, une frégate mixte qui forma 16 classes d'enseignes de vaisseaux, l'un des ancêtres de la fameuse Jeanne d'Arc...

Le Cuirassé le Flandre de la classe Normandie fait partie des cuirassés de 1ère classe construits selon des plans d'origine anglaise de type dreadnough. Cinq cuirassés sont mis en chantier dont le Flandre le 1er octobre 1913 à Brest. La Première Guerre Mondiale commence. Les travaux sont interrompus. Ils ne reprendront jamais. Le navire est transféré de Brest à Landévennec, son unique voyage. Il reste au mouillage jusqu'en 1924 avant destruction à Toulon. La guerre est passée par là. La conception est désuète, il faut désormais des bateaux plus rapides. De plus le traité de Washington de 1922 limite le nombre de coques des marines des nations telles que l'Amérique, l'Angleterre, l'Italie, le Japon et la France. Traité transgressé, remanié en 1936 avant d'être ignoré à la venue de la Seconde Guerre Mondiale. Sur les cinq cuirassés entrepris, un seul, le Béarn sera transformé in-extremis en porte-avions et effectuera des missions... Les autres furent des carcasses inutiles.

"L'Onondaga" (tribu amérindienne), un bateau acheté par la France à la marine américaine en 1867 qui servit sous l'armée nordiste en tant que bateau garde côte et bateau de navigation fluviale. L'armement était dans deux tourelles, le reste avait une allure de chaland. (Arrivé au mouillage à Landévénnec en 1903.)

Il y eut encore le croiseur de première classe le "Tage", le trois mats de transport le "Magellan", le croiseur la "Victorieuse" rebaptisé la "Semiramis".

Le croiseur Davout comme tant de navires de la Marine Nationale de l'Atlantique Nord, pour l'essentiel, attend d'être vendu aux enchères à un chantier privé pour être "découpé" ! Quelques marins affectés à ce navire font un minimum d'entretien et font acte de surveillance. Nous sommes un peu avant 1907 date à laquelle le Davout sera détruit. Le croiseur Davout fit partie de la génération des croiseurs protégés vite obsolètes. Un blindage interne à la coque, en arc, à l'horizontale comme un pont de navire, était sensé protéger le navire. Ce blindage bien simpliste s'était avéré insuffisant. Le Davout, comme tous les croiseurs protégés, n'était pas manœuvrable. L'insuffisance de puissance des moteurs le transformait en cible inerte. Les navires de la génération suivante les croiseurs cuirassés puis cuirassés allaient être entièrement blindés et recevoir des moteurs adaptés

Le cuirassé Formidable à gauche, sur sa droite le cuirassé Courbet. Le croiseur Guichen de couleur blanche de la marine coloniale.

Vers 1936, l'Aulne est saturée de coques grises. Le renouvellement de la flotte française génère des déclassements en masse de navires de la marine nationale.

Durant la seconde guerre mondiale, les soldats Allemands occupent certains navires et les utilisent comme ateliers.

Plus récemment, le croiseur Colbert (1955 - 1992), un navire lanceur de missiles de 562 marins, entouré des escorteurs d'escadre Duperré et Galissonière. Pour un voyage de Charles de Gaulle et de son épouse en 1964 dans les mers de l'Amérique du Sud., le Colbert voit ses salons s'embellir, à la demande d'Yvonne de Gaulle, avec du mobilier provenant du palais de l'Elysée à Paris. Le Colbert aura alors un surnom, celui de l'Elysée flottant. En 1967, de Gaulle débarque du Colbert à Montréal pour l'exposition universelle et lance son fameux "Vive le Québec libre !" Le Colbert équipé de missiles Exocet entame sa dernière mission de protection du porte-avions Clémenceau dans l'opération Salamandre de la guerre du Golfe en Irak en 1991. Le cuirassé, au fil du temps, est devenu un gouffre financier en fonctionnement. Trop de carburant, trop d'hommes...

Certains navires étaient restés de nombreuses années à périr doucement. Désormais les rotations sont plus fréquentes et sont à découvrir à partir du Belvédère de Penforn proche de la ville de Landévennec.

48° 17' 26.43" N
4° 16' 51.4" O

Abbaye St Guénolé

Abbaye nouvelle

Eglise ND de Landévennec

Chapelle ND du Folgoat

Fontaine du Folgoat

Calvaires

Albert Cortellari

Aménagement du jardin

Cale et passage de Penforn

Cimetière de bateaux

Docteur Bavay

Flèche sillon du Pâl

Henriette Antoinette Rideau Vincent

Hôtel Beauséjour

Magasins - anciens petits commerces

La maison Reine Meunier

Maison Abbatiale

Moulin à marée

Port Maria

Repos de la Côte

Rue Crève-Coeur

Rue du Pâl

Sculpture bronze moderne

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Yann Landevenneg

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