Gare du chemin de fer breton

Gare de Camaret-sur-Mer et sa remise à locomotives.

Gare du Fret.

Ancienne gare devenue office du tourisme de Crozon.

Remise de locomotives de Crozon.

La gare de Tal ar Groas disposait de sa lampisterie-toilettes publiques comme toutes les gares bigoudenes. Pierres apparentes pour cette version "luxueuse" alors que les modèles de base habituels étaient de pierres crépies et de briques.

Gare de Telgruc-sur-Mer.

Les chemins de fer armoricains / bretons ou Réseau Breton (RB) furent un réseau ferré métrique (écartement des voies d'1m) complétant le réseau de la SNCF. La société exploitante s'appelait la Société Générale des Chemins de Fer Economiques qui avait un contrat de délégation d'exploitation (affermage) avec la compagnie mère des chemins de fer de l'Ouest (les grandes lignes). La ligne Châteaulin Camaret-sur-Mer ou Le Fret desservait les gares (sur la Presqu'île de Crozon) de Telgruc-sur-Mer, Tal ar Groas, Halte de Brospel, Crozon-Morgat, halte de Perros-Poullouguen (Perros-Saint Fiacre bifurcation de la ligne – direction Le Fret ou Camaret-sur-Mer).

L'enquête d'utilité publique datait de 1906 et fut avalisée par le ministère des travaux publics en 1910. La construction de la voie commença immédiatement, puis s'interrompit lors de la première guerre mondiale, pour une mise en service de Crozon à Châteaulin le 13 août 1923 et les autres tronçons le 14 juin 1925. Ce qui était tard dans la chronologie ferroviaire bretonne. Les premiers trains bretons circulèrent en 1891.

Le trajet Camaret Châteaulin de 52 km se faisait en 2 heures "juste". Premier train vers 6h, dernier train vers 18h30. Le passage matinal du train servait de réveil matin pour les habitants proches de la voie.

51 km 820 mètres de terrassements et de nivellements avec 19 ouvrages d'art pour enjamber les ruisseaux et les rivières et sans oublier l'alimentation des châteaux d'eau avec une station de pompage éloignée comme celle de Crozon. 70 passages à niveau...

Des branchements variés à vocation de drainage : l'évacuation des eaux pluviales permirent une mise à l'égout des eaux usées à Crozon des rues Charles Levenez et Nominoé, prématurément, jusqu'au ruisseau, soit plusieurs centaines de mètres de conduits enfouis dont aucun autre quartier ne disposait alors, pas plus que l'eau courante n'était installée.

A cet effet, les prévisions de travaux envisageaient des transferts de sol de 9,8 m3 par mètre linéaire de voie. Les matériaux durs récupérés servirent au ballastage tel que le grès armoricain concassé rencontré sur le tracé, quant au reste il fallut s'en débarrasser.

Un chantier colossal réalisé par deux entreprises adjudicataires régionales Robert et Debarle, dans un premier temps, puis Robert  et  Goulines ensuite qui ont du recruter des ouvriers du pays. Plusieurs grèves ont émaillé l'avancée des travaux avant et après guerre à cause des conditions salariales jugées insuffisantes. Salaires variables selon les âges de 0.33fr à 0.40fr en moyenne par heure. Après guerre, la reconstruction de la France crée une pénurie de main d'œuvre et les salaires passent à 1.25fr par heure suite à une inflation galopante. Ils sont obtenus par des grèves ou des menaces d'arrêts de travail perlés.

Il y eut des problèmes climatiques par une pluie abondante certains hivers. Le chantier submergé par la boue n'avançait guère sans mécanisation. L'absence d'hommes disponibles lors de la guerre n'a rien arrangé même si quelques groupes de prisonniers Allemands ont faiblement compensé les ouvriers partis au front.

A l'époque, il s'agissait d'un transport de marchandises en importation pour les produits manquants sur la Presqu'île et à l'exportation des produits de la pêche et des denrées agricoles ainsi que de voyageurs. Les premiers trains avaient un ou deux wagons de marchandises et un wagon passagers en hiver. La gare de Tal ar Groas voyait passer les militaires permissionnaires venus de la base aéro-navale de Lanvéoc-Poulmic.

Premier déclin sur l'embranchement du port du Fret. La gare du Fret recevait les coquilles St Jacques pêchées et quelques voyageurs embarquant pour Brest sur l'embarcadère maritime. Les coquillages et autres pêches partaient pour Paris-Orléans (gare d'Orsay à Paris) en wagon blanc couvert à marée. Le trafic devint insuffisant. Dès mai 1946, le transport des voyageurs n'y était plus assuré. Seules les marchandises y circulaient encore.
Petit à petit, ce furent les touristes qui empruntèrent la voie de chemin de fer n°7. Morgat et Camaret-sur-Mer étant devenus des lieux de vacances très appréciés. La ligne a connu son apogée dans les années 1950 avant de décliner très rapidement sous l'influence de la circulation automobile. La ligne a été fermée le 28 avril 1967. Les gares ont survécu grâce à des réemplois variés.

Les anciens de Crozon regrettent la disparition de leur train ! Ils aimaient la régularité, la simplicité, la proximité... Enfants, ils posaient un sou (une pièce de monnaie) sur le rail avant que le train ne passe dessus. Celui qui obtenait le plus long écrasement avait gagné. Jeu coûteux parce que chacun appartenait à une famille modeste mais c'était plus fort qu'eux. Comme c'était irrésistible que d'utiliser le wagonnet du cantonnier dans la remise des locomotives. Certains montaient à bord et d'autres poussaient, il suffisait d'un peu de pente et l'on vivait la vitesse à plein nez. Bien sagement, on ramenait le wagonnet à sa place, le chef de gare faisait celui qui ne voyait rien.

Les rails et les traverses ont été enlevés depuis. Aujourd'hui le parcours est devenu une piste cyclable et un lieu de promenade entre Tal ar Groas et Crozon (la coulée verte). De Crozon vers Camaret ou le Fret, les randonnées sont équestres, cyclistes et pédestres avec une approche de l'étang du Kerloc'h et la richesse de sa faune . Ces circuits permettent de se déplacer rapidement sur la Presqu'île sans être confronté à la circulation routière.

Pour mémoire : une particularité non négligeable, les gares sont des modèles spécifiques à cette ligne classée lors de sa création comme une ligne touristique. Le tourisme est vécu comme un débouché économique salvateur. Les gares de la Presqu'île de Crozon ont donc été conçues d'après un plan de 1914 de l'architecte des chemins de fer de l'Etat Julien Polti (1877-1953) et sont construites à l'identique avec leurs particularismes locaux. Elles sont surnommées les bigoudenes à cause des cheminées ajourées en granite ressemblant à une coiffe brodée des bretonnes du pays bigouden. Un granite de l'Aber Idult venu par voie maritime. La petite bâtisse qui précède la gare abritait des latrines et la lampisterie. Ensuite, la gare elle-même avec sa salle d'attente et son guichet intérieurs puis à l'étage, le logement du chef de gare. Accolé, derrière la gare, la halle couverte aux marchandises.

Les gares de Camaret sur Mer et de Crozon-Morgat avaient un dépôt à locomotives (garage), un château d'eau (Crozon) pour alimenter en eau les trains à vapeur, une plateforme tournante (Camaret) pour inverser le sens de la locomotive et ainsi la ramener en marche avant vers Châteaulin. Les locomotives les plus utilisées furent dans un premier temps les modèles E321 et 230T avant la mise en place des autorails X233 Decauville suivi d'une remorque autorail sans moteur des établissements Billard. Les Crozonnais bénéficièrent aussi de trois autorails DWX Decauville fabriqués en 1939 pour une liaison Chine (province du Yunnan) Indochine. La livraison des autorails construits ne fut pas possible. Les chemins de fer bretons prirent possession du matériel en 1951. Ce fut le dernier matériel roulant avant la fermeture définitive de la ligne.

Curiosités du pays

La coiffe du pays Rouzig

La coiffe Penn-Maout

Abreuvoirs anciens

Auge en pierre

Broyeuse hache-lande

Faneuse ancienne

Charrue de fonderie

Bois de chauffage d'antan

Four à pain traditionnel breton

Chemins des goémoniers

Maison bateau de Crozon : une caloge

Publicités murales

Street-art

Mosaïques et devantures

Gares bigoudenes

Haltes et PN

Ponts ferroviaires

Brume et embruns - différence

Ecume de mer

Tempête d'écume

Ruisseau du Kerloc'h

Palplanche

Panneau indicateur

Tombe en ardoise

Eglises et chapelles

Calvaires

Niche votive

Gués

Aubette

Clôture en béton armé sur mur bahut des années 1920-1930

Garde-corps de fenêtre en ferronnerie

Bac de lavage en béton

Pompe à bras

Puits

Pompage électrique

Voies Decauville

Cachoutage des voiles

Grand pavois

Embossage

Canon bollard

Mouillage forain

Balise de Basse Vieille

Espar

Arrondir les angles

Patrouilleur Kermorvan

Ardoises gravées

Borne des 1000 km du Gr34

Tessons de bouteille sur les murs

Devantures

Croix celtique

Vélo Anquetil

Moteur CLM

Soubassement en faux-appareils



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