Kerlaër le village des voleurs

Les rares traces de vie humaine du village de Kerlaër se trouvent dans les recensements administratifs. 1911 : 8 familles dans 8 fermes regroupées dans le hameau. Les familles Gourmelen, Chapuis, Leroux, Thomas, Mauguen, Le Du, André, Losser. Les hommes essentiellement cultivateurs ou jardiniers au service comme quelques femmes cuisinières auprès de familles aisées de Roscanvel. Il faut noter la présence d'un domestique, d'une pupille ! Puis aussi d'un enfant de 14 ans déclaré cultivateur. Henri Reopars, né à Brest en 1898, qualifié de domestique en 1911, soit à 13 ans ? La famille Gourmelen au 19ème siècle est l'une des familles les plus imposées de Roscanvel.

La pointe de Roscanvel, avant qu'elle ne devienne une zone militarisée était une terre libre à la réputation exécrable. On parlait alors de brigandage. Au Moyen-Age, il se dit que des marins de Roscanvel allaient rançonner les navires de passage qui en navigant dans le Goulet de Brest prenaient moult précautions pour éviter de se drosser sur les récifs. Il suffisait de quelques barques, d'une bonne connaissance de la Rade de Brest et de l'anse de Camaret pour dépouiller les vaisseaux.

Progressivement, l'anse de Camaret est devenue une station de mouillage de réputation mondiale. Les navires marchands, toujours plus grands, venaient s'y réfugier en attendant les conditions de navigation favorables pour, soit passer le Goulet et décharger leurs cargaisons à Brest, soit repartir au large une fois le temps apaisé. Le village de Kerlaër - laer = voleur - était localisé sur les hauteurs des falaises de Roscanvel face au vestibule du Goulet. Les habitants mi-pêcheurs, mi-agriculteurs vivaient dans le dénuement et n'attendaient qu'une chose, une belle tempête, ce fameux coup de chance pour qu'il y ait un naufrage fructueux. En un siècle, au 18ème, il y en eut une quarantaine. 40 navires de commerce plus ou moins chargés de marchandises venant se fracasser au pied de la falaise suite à un mauvais coup de vent et c'était alors que les coureurs (habitants venant récupérer les biens) dévalaient de partout pour emporter tout ce qui était transportable. Il fallait se démener vite, il n'y en aurait pas pour tout le monde et la marée pouvait disperser les "trésors". Après la cargaison, on prélevait aussi les cordages, les voiles et les bois du navire, pour la maison, le chauffage ou la revente... Question revente, il n'y avait pas le choix, tout devait passer entre les mains du Camarétois Torrec de Bassemaison qui avait le monopole des transactions sur les naufrages. Qu'importe, les quelques pièces étaient toujours bonnes à prendre.

L'administration s'en mêla et organisa les récupérations. Pour éviter les pillages anarchiques et que l'argent ne tombât pas exclusivement dans les mains privées de la noblesse locale, les épaves furent gardées et la population dû s'organiser avec méthode pour être rémunérée pour son travail. Des enchères publiques étaient organisées à Brest. Cette rationalisation ne déplut pas forcément car des charpentiers travaillaient à la déconstruction, cela se faisait avec de la main d’œuvre durant des mois. Tout le monde y trouvait son compte et les équipages étaient nourris et logés provisoirement à Roscanvel ce qui amenait de l'argent supplémentaire aux hébergeurs.

Après la Révolution française, la navigation va devenir plus avisée, surtout au 19ème siècle avec la motorisation et l'abandon de la marine à voile, les naufrages seront plus rares, de moindre importances, ou purement militaires et la militarisation de la presqu'ile de Roscanvel amènera d'autres revenus plus réguliers, de sorte que Kerlaër ne sera plus le village des voleurs mais celui de la TSF. L'armée française occupe désormais les terres et vit en parallèle avec la population civile jusqu'à ce que stratégiquement les positions défendues des batteries côtières soient plus ou moins déclassées. Aménagement supplémentaire, la construction de la caserne de Kerlaër qui ne dura qu'un quart de siècle environ.

La seconde guerre mondiale amènent une invasion d'installations allemandes - Stutzpunkt - en soutien du port de Brest. Kerlaër est l'un des villages entièrement détruit par des bombardements alliés de haute altitude en 1944 afin de préparer la libération. Un couple qui s'était abrité dans de la paille est victime des éclats. Le village avait été heureusement évacué par précaution.

Après guerre, bien qu'un temps envisagé, le village n'est pas reconstruit. Le cœur n'y est pas. L'argent est prioritaire pour la commune de Roscanvel qui a beaucoup souffert et la crainte de munitions non explosées dans le sous-sol n'invite pas à l'enthousiasme. Une page se tourne, le village des voleurs n'est plus qu'une terre agricole humide traversée par la route de Kerlaër.



Ardoisière

Corps de Garde de Roscanvel

Moulins à eau

Moulin à vent du Seigneur

Briqueterie de Lanvernazal

Briqueterie de Quélern

Cale de Quélern

Déblais et buses

Fontaines et lavoirs

Etang de Kervian

Etang de Pen ar Poul

Postermen - fours à chaux et briques + mine

Four à chaux de la Fraternité

Prisonniers Kabyles

Caserne Sourdis cale fontaine

Caserne Pont Scorff

Kerlaer le village des voleurs

L'heureux krach de 1929

La Pagode

Hôtel Bellevue

Hôtel restaurant Kreis ar mor

Lignes de Quélern

Manoir de Quélern

Manoirs ou maison manales

L'ancienne poste

Ecole Francis Mazé

Saint Pol Roux

Tregoudan

Trouée de Toul Brein

Eglise de Saint Eloi

Pardon St Eloi

Calvaires

Amoureux éternels ?

Menhirs dolmens

Tombes du Commonwealth

Villa Trombetta

Maître des barques

Les ancres



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