Coupes de bois pour des piquets de défense antiaérienne en 1944

Début mai 1944, les mairies de la presqu'île de Crozon affichent sur les murs un avis de contrainte édité par les autorités allemandes d'occupation qui réclament une entière coopération des hommes civils de la presqu'île pour planter des rondins de bois d'arbres qu'ils auront préalablement coupés. Cet ordre de réquisition s'ajoute à ceux déjà en cours qui occupent et épuisent les hommes et les bêtes dans les batteries pour de multiples travaux d'aménagement et de livraisons d'eau potable.

Chaque kommandantur désigne un premier lieu de rendez-vous des personnels sur la commune concernée. A Camaret, le carrefour du Poteau bleu est désigné, les "ouvriers" sont invités à se munir de pelles, de pioches et de scies et tout réfractaire est susceptible d'être puni - la mission est considérée comme urgente.

Tous les villageois ne se présentent pas à ces appels et à ceux qui ont bien voulu s'y conduire, des soldats Allemands expliquent qu'il faut planter des piquets de 3 mètres à une profondeur de 0.75m à 1.00m tous les 15 mètres dans les champs plats au bord du rivage... Au vu de la rareté du bois en presqu'île de Crozon, la tâche s'avère dès le départ impossible d'autant que les céréales poussent dans les champs concernés et que la farine fait déjà défaut à la population comme à la troupe. Le problème de fauchage est vite résolu, les bestiaux sont disséminés et broutent le blé et l'orge encore verts, dans les parcelles les plus grandes on utilise des moissonneuses acheminées du nord Finistère par train. Ensuite des coupes de bois sont faites dans le seul bois touffu de résineux, celui du Kador à Morgat. Des charrettes livrent à droite et à gauche et si le train est la meilleure solution de transport, des wagons sont remplis de grumes.

Malgré la fermeté des ordres, le travail n'avance pas. Les soldats Allemands ne semblent pas bousculer les ouvriers Français qui eux-mêmes ne forcent pas beaucoup. On sait désormais l'utilité du projet, il s'agit d'empêcher les planeurs alliés d'atterrir. Ils sont en bois et en toiles peintes et très fragiles à l'atterrissage.

Le comptage des ouvriers par les militaires germaniques est aléatoire selon les personnalités. Certains font un faux décompte et dénombre des travailleurs absents. Le renforcement de la défense s'effectue aussi par de larges tranchées antichars et les vergers sont coupés à un mètre de hauteur pour le même usage.

Les propriétaires des boqueteaux demandent à ce que les pins soient coupés à un mètre du sol pour avoir un peu de bois de chauffe pour l'hiver 44/45. Demande ignorée.

Les officiers Allemands comprennent que cela n'avance pas, ils menacent davantage. A Camaret, les femmes sans enfant sont réquisitionnées. A Crozon, les femmes sont dispensées et les hommes sont requis jusqu'à 60 ans. L'état major abandonne les distances de 15m d'espace et passent à 40 mètres. Cela ne change pas beaucoup la cadence. Peu de bois, difficulté de distribution et peu d'entrain.

Le 6 juin, le débarquement allié est connu de tous, l'humeur n'était déjà pas au travail, les Français exultent, les Allemands font triste mine, ils savaient que cela allait arriver. Quelques officiers nazis promettent la victoire à laquelle la troupe ne croit plus, les travaux se poursuivent dans le plus grand des désordres. Des champs sont minés car cela va plus vite que la mise en place des piquets, certains sont repérés par des bornes en ciment, d'autres sont oubliés et génèrent des accidents y compris chez les Allemands...

Cet épisode de fin de guerre dépeint l'atmosphère délétère de l'époque ainsi que le fatalisme ambiant... Ironie de l'histoire, ces pins si rares en 1944 sont devenus trop nombreux et font l'objet de projets de coupe aujourd'hui. Ils nuisent à la lande.



Mur de l'Atlantique

Saint Efflez

Capitulation

Abris de Kersiguenou

Appontement pte des Espagnols

Batterie antiaérienne de Cornouaille

Batterie antiaérienne pte des Espagnols

Batterie antiaérienne de Botsand

Batterie antiaérienne de Kertanguy

Pourjoint

Cap de la Chèvre

Gouin

Petit Gouin

Aber

Bunker 669

Bunker 668

Bunker 638

Bunker 621

Bunker 501 et 502

Bunker tobrouk Vf25

Bunker wellblech - tôle métro Vf1b

Marquages bunkers

Portes et créneaux de bunker

Blockhauss Crozon

Goulien

Infirmerie Crozon

Kergalet

La Palue

Penaros

Kerloch

Morgat

Pointe du Menhir

Porte de Crozon

Rulianec

Bunkers de Telgruc

Défense allemande de Telgruc

Les caissons du Fret

Canon 164.7mm

Canon de 95mm

Vestige de canon

Cantine allemande

Cartouche 12.7mm

Duc d'albe de Lanvéoc

Encuvement 2cm flak

Encuvement fl243a

Pointe Robert

Baril

Mkb Kerbonn

Moulins de Kerret

Munitions historiques

Piquets

Poutrelles

Stutzpunkt de Roscanvel

Tetraedre

Les citernes

Le Fret quartier sanitaire allemand

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