DCA - La défense anti-aérienne de la presqu'île de Crozon avant la seconde guerre mondiale

La défense anti-aérienne de la presqu'île de Crozon (DCA - défense contre aéronef) avant 1940, date de l'envahissement du territoire par les forces de l'occupation allemande lors de la seconde guerre mondiale, se compose d'un armement varié :

• Les canons de 75 mm Schneider* ayant pour origine l'armée de terre et reconfigurés pour la DCA. Munitions: 75x688R - Poids: 1070 kg - Longueur du canon: avec verrou de 3750 mm (L / 50) - Vitesse initiale: 850 m / s - Angle de tir en façade: de -10 à +90 degrés - Angle de tir azimut: 360 degrés - Cadence de tir: 15 tr / min.
- Quélern : batterie d'exercice de 4 canons de 75 mm Mle (Modèle) 22-24 (1922-1924) CA (Contre Aéronef) - Version du canon anti-aérien la plus moderne de l'époque
Kerguiridic : batterie opérationnelle ayant connu jusqu'en 1939 4 canons de 75 mm Mle 1997 CA sur affût plate-forme Mle 15 (1915). Quelques mois avant la déclaration de guerre, la batterie est modernisée et adopte la configuration de Quélern soit 4 canons de 75 mm Mle 1922-1924 CA sur affût repensé équipé d'un blindage couvrant. Le canon désormais atteint les 90° en hauteur ce qui n'était pas le cas jusqu'alors (70°).
- Lanvéoc : batterie opérationnelle de 4 canons de 75 mm Mle 1997 CA sur affût plate-forme Mle 15 (1915).

• Les canons doubles de 37 mm ACAD (Automatique Contre-Avions Doubles) Mle 1933. En réalité deux canons de 37 mm montés sur un affût unique et spécifique. Canons de marine, obus de 0,725 kg, portée 8 000 mètres à l'horizontale, 5000 m à la verticale, cadence de tir 20 obus minute, -15° à +80° de hausse sur 360° de rotation. Constructeur : STCAN (Service Technique des Constructions et Armes Navales). De technologie vite dépassée, une nouvelle version de 1941 (Schneider) sera en place sur les navires hors France. Au combat, le Schneider est fiable autant que l'ACAD est précis.
- Bot Sant : batterie opérationnelle de deux canons doubles de 37 mm ACAD.
- Kerguilvit : batterie opérationnelle de deux canons doubles de 37 mm ACAD.

• Les mitrailleuses 13.2 mm Hotchkiss sous différentes versions d'un à quatre canons Mle 1929. Armement de marine réemployé d'une portée de 3500 mètres avec une cadence de tir de 250 coups minute.
- Poulmic : batterie d'une mitrailleuse quadruple de 13.2 mm Hotchkiss MG ACAQ (Automatique Contre-Avions Quadruples).
- Trémet : batterie d'une mitrailleuse de 13.2 mm Hotchkiss ACAD (Automatique Contre-Avions Doubles).

Au final, des pièces d'artillerie française de la presqu'île de Crozon vont tomber entre les mains des Allemands qui n'en feront peu cas étant équipé d'un matériel plus performant qu'ils actualiseront au fur et à mesure de l'accroissement de l'épaisseur des blindages  des avions alliés. Après guerre, l'armée française rentre en guerre froide et développe de nouveaux canons anti-aériens dans des batteries discrètes en presqu'île.

Le canon anti-aérien français de 75 mm Mle 1897 sur affût plate-forme Mle 1915 présent en 12 exemplaires en presqu'île de Crozon entre 1918 et 1939. Il en subsiste 4 exemplaires en 1940. La mise en œuvre est décrite ci-dessous.
" L'affût plateforme Mle 1915 est destiné à utiliser contre les objectifs aériens le matériel de 75 Mle 1897.
La plateforme est un bâti métallique mobile autour du pivot P et roulant sur deux galets : J galet porteur, et G galet moteur commandé par le volant de pointage en direction D.
Ce bâti porte la pièce par son essieu qui peut tourillonner dans les deux encastrements A et B, le câble C lié à la lunette de crosse est constamment tendu par le poids de la flèche. Le câble s'enroule sur le tambour T que commande le volant de pointage en hauteur H. L'effort à exercer sur ce volant est sensiblement le même à la montée et à la descente, grâce à l'équilibreur E.
L'installation sur laquelle pivote la plateforme peut être :
- permanente (plateforme fixe, type des places)
- transportable (plateforme demi-fixe, type de campagne)
Le bâti qui porte la pièce est le même dans les deux sortes d'installations.
Il est démontable en deux parties, pour le transport (ferme de droite et ferme de gauche).
Les deux fers à U : M et N sont chacun la pièce essentielle d'une des moitiés de la plateforme ; ils s'assemblent à leur partie inférieure sur l'entretoise d'acier sur le pivot P. A leur sommet sont rivées les deux sous-bandes d'acier moulé qui représentent un encastrement (A. B) où repose l'essieu ; les chapeaux de ces encastrements (sus-bandes) sont montés sur charnières.
Les deux fermes sont assemblées par :
l'entretoise support de pivot W.
l'entretoise du milieu R.
l'entretoise supérieure S.
l'entretoise postérieure Z.
Le plancher est interrompu pour donner passage à la flèche ; le support du treuil T est boulonné sur les fers qui bordent l'espace libre.

Commande du pointage en hauteur
H volant de commande
p pignons supérieurs
i arbre avant
q pignons inférieurs
j arbre arrière
v vis sans fin
d couronne dentée solidaire du tambour T

Commande du pointage en direction
D volant de commande
a arbre vertical
r, s engrenages toujours en prise
t roue dentée qui engrène ou non selon la position de l'excentrique qui porte son axe
m manette d'embrayage commandant la rotation de cet excentrique
b bonhomme d'arrêt fixant la position de la manette
f câble relié à la manette

Dans la position embrayée, le volant D commande le galet G.
Dans la position débrayée, D et G sont indépendants : les deux galets sont libres.
Les servants ne doivent jamais déplacer à bras la plateforme sans s'être assurés que la commande est débrayée.
Pour embrayer, tirer le câble f doucement ; si les roues ne viennent pas bien en prise, agir sur le volant D pour les amener dans une position permettant l'embrayage.

L'installation permanente est une fosse bétonnée de 0m,990 de profondeur et de 4 m de diamètre.
Au centre de la fosse, la crapaudine O qui reçoit le pivot P. est fixée par six boulons de scellement pris dans le béton.
Tout autour de la fosse, la circulaire en fer F scellée dans le béton, se compose d'éléments jointifs de fer à U cintré qui forment le chemin de roulement des deux galets.
Un tuyau assure l'évacuation des eaux.

*Enfin les difficultés d'orientation du canon sont corrigées car les premiers canons anti-aériens étaient des canons de 75 mm (Schneider) de l'armée de terre avec leurs roues de charette, perchés sur un affût approximatif en bois qui décollait les roues du sol. Orienter le canon prenait plusieurs minutes et donc pour tirer sur une cible volante, il vallait mieux attendre que l'avion ennemi survole la trajectoire de tir plutôt que d'essayer de suivre l'aéroplane.
Après la version sur affût 1915, l'année d'entrée en guerre, les batteries sont modernisées par une version dérivée du canon de marine de 75mm Schneider 1908 embarqué sur les cuirassés comme canon anti-torpilles, conçu par Gustave Canet. Le canon de 75 mm mle 1922-24 manque de puissance en mer et se trouve réemployé dans la DCA in-extremis sur affût SMCA (sous-marin contre aéronef) modèle 1925.
Tous les 2 ans, le canon 75 mm Schneider anti-aérien (A-A) est amélioré espérant ainsi faire mieux face à une aviation en constante évolution. Peine perdue, le principal canon anti-aérien français ne sera jamais adapté alors que sa version terrestre reste dans les annales de l'artillerie. Il est à noter que l'armée allemande entre 1939-1945 rencontrera des difficultés similaires. La technologie de l'aéronautique étant plus progressiste que celle de l'artillerie.

Archives photos canon de 75mm Mdl 1915 et 1922-24.



La défense côtière avant 1939

Cam 59

Télémètre Audouard

Bataille de Trez Rouz

Batteries : Basse de Cornouaille - Haute de Cornouaille - Trez Rouz - Capucins - Kerbonn + projecteur - Kerviniou - Pen-Hir - Tremet - Ty-Du - Stiff - Haute Pointe des Espagnols - Petit Gouin - Sud des Capucins - Batteries hautes des Capucins - Batterie de rupture ou bombardement - Batteries haute et basse du Kador (Beg ar Gador - Morgat) - Rouvalour - Batteries Est de Roscanvel - Batterie du Run / Pont-Scorff - Batterie de l'île de l'Aber

Camp Sanitaire des Capucins

Casernement de la Pointe des Espagnols

Fortifications de la Pointe des Espagnols

Casernement de Kerlaër

Casernement de Lagatjar

Ile Trébéron et île aux Morts

Circulaire du 31 juillet 1846

Corps de Garde 1846 : Aber - Camaret - Kador - Postolonnec - Roscanvel - Rulianec

Loi de déclassement des corps de garde 1846

Loi du 17 juillet 1874 - système Séré de Rivières

Réduit de Kerbonn

Tours modèle 1811

Borne

Chemins de service

Créneau à lampe

Créneau de tir

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Canon de 47mm TR Mle 1885-85

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