Magasin de poudres sous roc de la batterie haute de Fort Robert

Salle principale avec son rail de plafond, ses rigoles à la périphérie du sol. Au delà du couloir, la pièce du monte-charge. A l'origine étaient accrochées des tôles ondulées qui faisaient parapluie et déviaient l'eau de la roche qui s'était infiltrée aussi dans la coque en maçonnerie du plafond. L'eau de ruissellement gouttait et tombait dans les rigoles pour être évacuée par l'égoût au fond à gauche.

La pièce du puits de lumière / monte-charge, un petit couloir éclairé d'un créneau de lampe au dessus de la voûte, enfin, un dernier petit local technique qui servait au chargement et à l'amorçage des projectiles.

Le créneau de lampe éclaire la colonne du monte charge et le local d'amorçage en arrière.

Le créneau de lampe côté local d'amorçage.

La colonne des charges.

L'égoût dont l'entrée côté magasin était obturée en dehors d'une petite grille d'évacuation.

L'escalier d'accès.

Le magasin de poudres sous roc de la batterie haute de Fort Robert obéit aux normes militaires de construction en vigueur à la fin du 19ème siècle. A environ 9 m de profondeur dans la roche de la falaise, une galerie de 20 mètres de long et 4 de large approximativement dont chaque pièce est voûtée sur sa longueur fut creusée vers 1888.

L'éclairage se fait par créneaux de lampe.

Une colonne verticale fait office de puits de lumière mais aussi d'issue de secours au vu des échelles, et surtout de monte charge pour que les munitions chargées arrivent sur la plate-forme extérieure de la batterie de 4 canons de 32cm modèle 1870-81 sur affût 1888 PC.

Les poudres et les hommes arrivent par un grand escalier descendant. Les poudres sont suspendues au rail du plafond et sont livrées avec un moindre effort dans la grande salle où elles y sont entreposées.

Les obus de 32 cm faisaient de 338 kg à 392 kg pièce selon la quantité de charge, ils étaient donc intransportables sans assistance de levage.

Poste d'observation haut de Fort Robert

Maison du gardien de Fort Robert

La Pointe de Fort Robert est occupée par la défense littorale militaire française depuis plusieurs siècles. Il est avéré qu'en 1697, il existe une batterie côtière sur site composée de 7 canons de 36 livres juste au dessus du niveau de la mer sur une plate-forme en terre avec un parapet rudimentaire. Le déroctage et le terrassement furent nécessaires. Un casernement existe aussi pour 24 artilleurs sur une plate-forme artificielle un peu plus élevée probablement celle qui a servi au casernement du 19ème siècle. La batterie est ensuite remplacée et diversifiée grâce à 6 nouveaux canons de 30 livres de balle et 6 obusiers de 22cm en fer.

En 1784, la batterie est inventoriée : "batterie Robert".

Les tensions géopolitiques avec l'Angleterre se répétant à chaque siècle, la circulaire ministérielle du 31 juillet 1846 du ministre de la guerre émanant de travaux d'une commission mixte des fortifications de la côte impose une remise en chantier de la batterie considérée alors en 1ère catégorie opérationnelle. L'appréciation des travaux à envisager est publiée en commission le 7 novembre 1844. Et si la circulaire de 1846 donne l'ordre d'exécution des travaux, ce n'est que de 1857 à 1859 qu'une caserne défensive à arcs-boutants est élevée alors que les projets initiaux avaient prévu un corps de garde modèle N°1 type 1846. Cette caserne défensive bien qu'elle obéisse à des normes de construction anti-bombe de l'époque, elle est une interprétation locale d'un plan normé ce qui donne à cette caserne toute sa valeur patrimoniale historique. Son toit à deux pans à faibles pentes couvre des voûtes capables de supporter les explosions de projectiles du 19ème siècle. Cependant afin que les murs verticaux ne s'écartent pas sous le choc, les arcs-boutants absorbent les vibrations ainsi que les poussées destructrices et réduisent considérablement les risques d'effondrement de la structure à deux niveaux - niveau supérieur chambrée pour 48 hommes. Le toit récupère les eaux de pluie pour les envoyer dans un citerneau filtrant puis dans une réserve à eau en sous-sol. Des créneaux de fusillade percés dans les murs permettent de soutenir un siège d'infanterie.

En 1862, ce sont des parapets de soutènement des terrasses qui sont renforcés ou élevés pour plus d'espace afin que les 60 artilleurs (environ) puissent servir les pièces d'artillerie dont les modèles semblent inchangés bien que plusieurs recommandations de différentes commissions aient réclamé un renforcement des calibres dès 1870 par des canons rayés de 27 cm et 30 cm sans que cela ne soit suivi des faits.

En 1888, la préférence est donnée à une batterie de rupture sous roc, ainsi bien mieux protégée des obus ennemis. Les galeries creusées dans la falaise accueille deux canons de 32cm modèle 1870-1884 sur affût de casemate de 1888 pour des tirs directs. Ces canons géants seront reversés sur le front de l'Est en 1915 et réemployés sur des rails de chemin de fer contre l'Allemagne.

Durant la même année 1888, la batterie haute est mise en chantier en arc de cercle pour 4 canons de 32cm modèle 1870-1884 sur affût 1888 Pivot Central. Cette batterie au sommet de la falaise bombarde l'ennemi intrusif. Un poste d'observation est ajouté en hauteur. Un magasin sous roc est creusé.

En 1889, il est proposé de disposer de 4 canons à tirs rapides de 47mm modèle 1885 affûts M modèle 1885 crinoline sur l'ancienne batterie de Vauban. Puis après considération de la trop grande proximité des canons avec la mer lors des grandes marées, ces canons sont placés en 1894 sur une plate-forme un peu plus élevée épaulée par des murs de soutènement. La caserne défensive sert de magasin.

A cette même période, sont construits deux locaux bétonnés pour projecteurs 60cm Mangin feu de tir et 90cm Mangin feu de reconnaissance. Le projecteur de 60 cm de diamètre a la possibilité d'être sorti de sa casemate par déplacement sur rail et se retrouver ainsi en premier abord de la mer pour suivre les navires ennemis s'aventurant la nuit dans le goulet. Le modèle de 90 cm est positionné dans sa casemate et a pour orientation principale L'Ouest soit la direction de l'arrivée probable de l'ennemi et ceci à titre de reconnaissance. En retrait une usine électrique fournit l'énergie. Les casemates des projecteurs sont fermées par des volets blindés. En prenant l'exemple du projecteur Mangin (du nom du colonel du Génie qui a conçu la lentille principale convexe-concave) de 60 cm, l'appareil fait 580 kg et est une variante de l'appareil de 40 cm pour l'armée de terre. Portée maximale 6 kilomètres dans de bonnes conditions atmosphériques. 1600 becs. En général une machine de Gramme et le moteur Brotherhood lui sont associés pour un poids de 1200 kg. Ce modèle de 60 cm est aussi un modèle embarqué de référence dans la Marine Française et présent dans la Navy (marine américaine). La présence de ces projecteurs est avérée en 1913. Un poste de commande de projecteurs se situe un plus haut en falaise.

Après la première guerre mondiale, la batterie basse de Fort Robert est déclassée dans l'ordre d'importance, elle devient secondaire.

En 1922, un projet d'armement par 4 canons de 75 mm modèle 1908 Schneider Marine sur affût crinoline 1908 est envisagé et devient effectif dans les années 1930. C'est donc la version du canon de 75 mm de marine modifié pour la défense de côte. Ces quatre canons fixés au sol par une platine métallique sont à l'air libre et n'offre aucune protection pour les artilleurs. Il fut donc nécessaire d'élaborer un blindage mince type masque - enveloppement du canon hors tube en avant et hors culasse en arrière - construit sur mesure à l'arsenal de Brest. Ces pièces d'artillerie de 75mm 1908 Marine, avant modifications, provenaient de cuirassés de la classe Danton.

En 1940, l'unité d'artillerie de marine allemande 6./M.A.A.262 récupère la position des canons de 75 mm et installe un projecteur de 150 cm Siemens. L'ancienne caserne défensive sert de casernement aux soldats germaniques.

Vers 1941, une batterie anti-aérienne allemande de trois canons de 40mm est installée au sommet de la falaise, celle-ci est codée Cr 334.

En 1943, la batterie de 75mm est entièrement démantelée pour être versée sur l'autre rive du Goulet - Toulbroc'h.

Construction d'une torpedosperrbatterie fin 1943, début 1944 un peu plus à l'Ouest de la Pointe Robert par l'armée d'occupation qui rejoint l'esprit des batteries de rupture française par un lancé de torpilles au ras des flots.

En 2007, destruction d'un important stock de munitions allemandes de 40mm.

Dès lors Fort Robert est à l'abandon bien que terrain militaire jusqu'en 2009.



La défense côtière avant 1939

Cam 59

Télémètre Audouard

Bataille de Trez Rouz

Batteries : Basse de Cornouaille - Haute de Cornouaille - Trez Rouz - Capucins - Kerbonn + projecteur - Kerviniou - Pen-Hir - Tremet - Ty-Du - Stiff - Haute Pointe des Espagnols - Petit Gouin - Sud des Capucins - Batteries hautes des Capucins - Batterie de rupture ou bombardement - Batteries haute et basse du Kador (Beg ar Gador - Morgat) - Rouvalour - Batteries Est de Roscanvel - Batterie du Run / Pont-Scorff - Batterie de l'île de l'Aber

Camp Sanitaire des Capucins

Casernement de la Pointe des Espagnols

Fortifications de la Pointe des Espagnols

Casernement de Kerlaër

Casernement de Lagatjar

Ile Trébéron et île aux Morts

Circulaire du 31 juillet 1846

Corps de Garde 1846 : Aber - Camaret - Kador - Postolonnec - Roscanvel - Rulianec

Loi de déclassement des corps de garde 1846

Loi du 17 juillet 1874 - système Séré de Rivières

Réduit de Kerbonn

Tours modèle 1811

Borne

Chemins de service

Créneau à lampe

Créneau de tir

Réduit de Quélern

Les forts : Fraternité - Landaoudec - Lanvéoc - Toulinguet - Crozon

Caponnière

Fort Robert

Ilot du Diable

Lignes de Quélern Ouest

Mât à pavillon

Niche pareclats

Pointe des Espagnols - Ligue

Postes de Douane

Poste d'inflammation des torpilles

Poudrière de Quelern

Sémaphore

Station TSF Roscanvel

Canon de 47mm TR Mle 1885-85

Canon de 65mm TR Mle 1888-91

Canon de 75mm Mle 1908

Canon de 95mm Lahitolle Mle 1888

Canon de 100mm TR

Canon de 32 cm Mle 1870-84

Canons de siège et place

Histoire et évolution des calibres des canons

Abri du champ de tir de l'Anse de Dinan

Les pierres de guerre

Les boulets

La poudre B

L'arrivée de la téléphonie dans les postes d'observation

Les Ancres de Roscanvel

Flotte Tardieu

Motte féodale de Rozan

Château-fort de Castel bihan Poulmic

La ligne d'artillerie terrestre de 1914

Position de DCA en presqu'île avant 1939

Batterie de DCA de Kerguiridic

Projecteur et écoute de Pen ar Vir

Station d'écoute aérienne de Messibioc

Positions françaises

Les piliers des terrains militaires

Sous-marin Nautilus de Robert Fulton

1404 la chute de l'Anglais à Lam Saoz

°°°

BUNKERS - MUR DE L'ATLANTIQUE 1940-1944

APRES 1945

DESTINS DES HOMMES ET FEMMES DE GUERRE



A la une :

Un visiteur de grande envergure, le Fou de bassan pêche à Landévennec.
Un petit papillon qui tend à se raréfier : l'Hespérie du faux buis.
Machine à traire Diabolo.
La voie romaine : la via rupta devenue route.
Recherche désespérément l'histoire de Kerédan en Telgruc !!!
La chute de l'Anglais à Lam Saoz.
Batailles navales à Camaret ! Sourdéac contre Fontenelle.
Les anciens ermitages les toponymes en Lan.
La monnaie de Postume en usage en presqu'île.
La position française de projecteur de marine de la batterie de Kerbonn.
La table de sacrifice de Pen-Hir.
La pointe du Guern / Tréboul une zone protégée ?!
Le chemin des ancres.
Les ulves tubuleuses aiment aussi l'azote !
Les fourches patibulaires de la presqu'île de Crozon.
Le camp romain du Kerloc'h.
La presqu'île de Crozon du temps où elle était une propriété privée : le comté de Crozon.
L'histoire d'une villae devenue village puis hameau : Luzéoc.
Précarité et délinquance, une affaire de classe sociale ou une affaire de famille ?
Navire école Panthère A749.
Vedette de gendarmerie maritime P798.
Regelbau Flak 307 - Encuvement Fl307.
SeeTakt C 42 - Position Cr 42 d'un radar allemand en Roscanvel.
Les effets de la loi du milliard aux émigrés.
Risques d'inondations en presqu'île de Crozon : les zones basses de submersion marine.
Les terriers des dunes.
Les conséquences des carrières de sable de Kersiguenou.
Pourquoi pleut-il en Bretagne ? Tout le temps ?
Vestiges de portes belges ou porte Cointet sur les plages.
L'engraissement de l'anse de Dinan, du sable, rien que du sable...?
La surveillance des égouts une nécessité environnementale
La vie agitée des curés de la presqu'île de Crozon.
Le crash d'un Noratlas 2501 dans les Pyrénées, à bord un Camarétois.
E-book - livre numérique gratuit.
Pêche.





Conversion données GPS - Avis presqu'île de Crozon

Une information, une demande :

© 2021