Les pierres de guerre de l'architecture militaire

Les lignes de Quélern commence à l'Est sur la grève. Les grandes pierres de chaînage (angle) sont en granite rose de l'Aber Ildut. Les moellons jaunes sont en pierre de Logonna. La diorite de Logonna était plutôt utilisée dans les maisons bourgeoises trop tendre pour la guerre. Pourtant elle est présente dans les sites peu exposés aux canons.

La falaise se déshabille de ses pierres de guerre qui vont devenir des galets avec le temps et l'on se demandera d'où viennent ces pierres étrangères à la presqu'île...

Les vestiges d'une porte de Quélern en Granite.

La Kersantite grise, une révolution du 19ème dans la construction.

Un gond scellé dans une pierre taillée d'encadrement en kersanton. La porte ouvrait sur un dépôt de munitions de la fin du 19ème siècle à la pointe des Espagnols.

Les « belles » pierres de construction que l'on peut apprécier dans l'architecture militaire ne proviennent pas de la presqu'île qui ne manque pas de « cailloux » mais ceux-ci n'étaient pas assez denses pour les portées ou pour supporter les boulets ou les explosions des munitions anciennes. Par contre, le magnifique granite « rose » de l'Aber Ildut avait toutes ces vertus nécessaires. Il fut employé lors des fortifications dès l'époque de Vauban (18ème siècle) pour être remplacé par l'austère kersanton gris qui a un fini impeccable, à la fin du 19ème siècle.

Ces pierres de guerre permettent aussi de dater un édifice militaire et contribuent à la préservation du patrimoine par leur absence d'usure. Les bâtiments construits avec uniquement des pierres locales ont beaucoup souffert du temps qui passe jusqu'à parfois leur totale disparition.

L'apparition des obus explosifs (obus torpille 1885) coïncide approximativement à l'intégration du béton armé à l'extrême fin du 19ème siècle et bien plus définitivement et systématiquement au 20ème siècle.

Ainsi durant des siècles précédant l'avènement du béton, les ingénieurs du génie militaire et les entrepreneurs civils devaient passer commande de pierres telles que les granites et les kersantons à des carrières régionales qui prélevaient ces minéraux dans les falaises côtières. Les carriers œuvraient sans discontinuer, le métier était envié malgré la pénibilité et la dangerosité, un salaire régulier assuré était un luxe qui valait bien des sueurs froides. La livraison se faisait par voie maritime, par caboteurs, par les cales des différents ports (côte Nord versant rade de Brest) de la presqu'ile de Crozon : Roscanvel, le Fret, Lanvéoc... C'était donc toute une économie qui dépendait de la construction des défenses côtières d'ailleurs quand la région Brestoise a perdu de sa superbe stratégique après la première guerre mondiale, la population s'est appauvrie et tout particulièrement en presqu'île, la population a diminué par manque de travail sur place.

Quelques exemples d'emploi des « pierres de guerre » : Le granite porphyroïde rose de l'Aber Ildut se trouve dans les chaînages (pierres taillées de consolidation) les marches d'escalier, de la batterie basse de Cornouaille. Sans-elles, la batterie ne serait que ruines. Le pont du fort des Capucins est couvert de pavés des Iles Trébéron et aux Morts. D'autres cours intérieures sont en pavé de l'Ile Longue. Le kersanton est dominant dans les batteries et fortifications proches de la pointe des Espagnols, ultimes batteries avant la venue du béton. Le discret granite de Trégana est présent sur le parapet de Cornouaille. Le granite ordinaire entre dans la fabrication des bornes militaires. Les dalles de micaschiste du Conquet servaient de couvre-sol à la terre-battue – les chapes de mortier alvéolé viendront en remplacement, etc...

Entre en jeu la terre cuîte sous forme de briques dont la terre venait de presqu'île et les fours locaux en assuraient la cuisson. La production de chaux de la presqu'île était insuffisante lors des grands travaux de fortification, l'importation était nécessaire. Les tout premiers bétons ont utilisé les gravières locales basées sur les grèves – en réalité, il s'agissait de galets mal calibrés.



La défense côtière avant 1939

Cam 59

Télémètre Audouard

Bataille de Trez Rouz

Batteries : Basse de Cornouaille - Haute de Cornouaille - Trez Rouz - Capucins - Kerbonn - Kerviniou - Pen-Hir - Tremet - Ty-Du - Stiff - Haute Pointe des Espagnols - Petit Gouin - Sud des Capucins - Batteries hautes des Capucins - Batterie de rupture ou bombardement - Batteries haute et basse du Kador (Beg ar Gador - Morgat) - Rouvalour

Camp Sanitaire des Capucins

Casernement de la pointe des Espagnols

Casernement de Kerlaër

Casernement de Lagatjar

Ile Trébéron et île aux Morts

Corps de Garde 1846 : Aber - Camaret - Kador - Postolonnec - Roscanvel - Rulianec

Réduit de Kerbonn

Tours modèle 1811

Borne

Créneau à lampe

Les forts : Fraternité - Landaoudec - Lanvéoc - Toulinguet

Fort Robert

Ilot du Diable

Lignes de Quélern Ouest

Mât à pavillon

Niche pareclats

Pointe des Espagnols - Ligue

Postes de Douane

Poste d'inflammation des torpilles

Poudrière de Quelern

Sémaphore

Station TSF Roscanvel

Canon de 95mm Lahitolle

Abri du champ de tir de l'Anse de Dinan

Les pierres de guerre



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