La poudre B sans fumée en batterie de côte une question de sécurité indispensable

Dès le coup de semonce préparatoire aux ajustements de tir, une batterie côtière était détectée permettant à l'ennemi en mer de répliquer au plus vite.

Polytechnicien chimiste Paul Vieille.

La poudre sans fumée est inventée au Laboratoire central des poudres et salpêtres à Paris en 1884 par l'ingénieur principal Paul Vieille (1854-1934). Cette invention constitue une évolution majeure dans les batteries de côte qui jusqu'alors au moindre coup de canon à la poudre noire (Poudre N), certes économique, s'enveloppaient d'un panache de fumée visible de loin en mer. Inutile pour les vigies ennemies d'être sur le qui-vive !

C'est à ce titre que quelques vaisseaux Anglais venaient régulièrement à la côte pour déclencher une alerte de la milice côtière en charge des batteries en dehors des périodes de guerre pour suivre l'évolution des fumées et ainsi être renseignés sur le dispositif militaire français. Le déplacement en vue de l'optimisation des batteries était « fréquent  ».

Puis ennuyeux encore, la fumée se répartissant sur les hauteurs de la falaise, elle couvrait les postes d'observation et de télémétrie. Avant cette révolution technique, chaque batterie disposait de deux postes d'observation en espérant qu'au moins l'un des deux postes fut hors fumée. La batterie française de Kerbonn était ainsi pourvue avant de percevoir les nouvelles poudres qui ne seront systématiques qu'à partir de 1900. Lors de la mise à feu, la combustion d'éléments solides n'existe plus, il s'agit désormais d'un état gazeux peu visible et qui n'encrasse pas l'arme. Un poste à chaque extrémité de la batterie permettait de jouer avec les vents dominants.

Cette poudre nommée « V » dans un premier temps va prendre plusieurs dénominations dont « B » en l'honneur du général Boulanger ministre de la guerre pour certaines sources. D'autres sources privilégient le B pour Blanche : Poudre Blanche à base de nitrocellulose. Les appellations suivantes seront  « BF » et enfin « Poudre BN3F ». Alfred Nobel améliore la composition en 1887 en intégrant un mélange de nitroglycérine et de nitrocellulose nommé ballistite.

L'expression poudre sans fumée est somme toute optimiste mais du moins l'effet épaisses volutes n'est plus, la détection est plus ardue surtout sous l'effet du vent d'Ouest fréquent en presqu'île.

< >







Si vous avez une information, une question :

© 2018 www.presqu-ile-de-crozon.com - reproduction interdite