Le mât à pavillon - signaux de marine et de côte

Le mât à signaux sans ses pavillons.

Sans doute le dernier mât à pavillons et flammes de Pen Hir. Disparu aujourd'hui.

L'usage des mâts à signaux de marine est mondial et d'abord militaire avant de verser dans le civil. Partout dans le monde des mâts sont dressés sur les côtes. Chaque nation dispose de ses codes militaires.



Le sémaphore type 1861, malgré son mât sémaphorique, il conserve son mât à pavillons mais dès lors l'usage est civil.





















Signaux de côte de 1793

Chaque signal était symbolisé sur les cadastres de 1840 par un pavillon bleu sur la parcelle concernée. Dans la seule presqu'île de Roscanvel, derrière les lignes de Quélern, 26 signaux - mâts à pavillon - s'étalaient de la côte Ouest à la côte Est avec quelques mâts intermédiaires en pleine terre pour la transmission de côte à côte.

Le mât à pavillon(s) était un signal envoyé aux mâts des alentours ou un signal envoyé à la navigation au large. Un poteau (ou plusieurs – 3 bâtons de pavillons à la pointe de Cornouaille vers 1760 par exemple), souvent en sapin parce que le résineux produit une grume rectiligne, était planté dans le sol avec un équerrage de soutien en chêne au 18ème siècle et une embase en maçonnerie au 19ème siècle si la hauteur le réclamait.

Quelques signaux principaux étaient accompagnés d'un poste de signaux (petite maison) occupé par un sergent canonnier guetteur et transmetteur. Dans certaines batteries, les artilleurs formés assuraient le service de transmission. Ce type de signal était alors considéré comme secondaire et n'émettait qu'en cas d'incursion ou d'urgence. L'autre usage était de répondre à un vaisseau de la marine au large comme quoi il était identifié par ses propres pavillons et qu'il pouvait ainsi rentrer à Brest sans essuyer un tir de batterie. Envers un vaisseau allié ou neutre, les messages avaient plutôt un caractère de sécurité ou informatif...

Dans tous les cas, chaque signal disposait de drapeaux, fanions sous des formes et des couleurs variables – jeux de pavillons. Chacun sa signification et la combinaison de certains personnalisait le message. Avec le temps, les flammes de tissus colorés s'allongèrent, se multiplièrent pour donner des précisions à chaque message. Les mâts grandirent jusqu'à 12 m en moyenne et quelques exceptions à 18 m. La multiplication des mâts fut telle que l'on en trouvait un durant la période révolutionnaire sur le clocher de l'église de Crozon. Ce mât de frégate restait en faction sans usage constant au delà de 1860 – propriété de la marine.

Dans le cas d'une intrusion ennemie, en l'absence de visibilité, on donnait du canon sous des procédures établies pour avertir les garnisons avoisinantes. Dans une situation de bon fonctionnement, un débarquement anglais dans la Baie de Douarnenez était connu à Brest en une heure par les mâts à pavillon. Certains officiers restaient tout de même dubitatifs quant à la transmission du message estimant que les mâts signaux étaient trop distants. De nuit ou en cas de non visibilité due aux brumes maritimes, le canon prenait le relais ou si la topographie le permettait, un point haut était prévu pour faire un feu.

Durant des décennies, il y eut des fausses alertes, des gardiens absents de leurs postes ou ivres... La signification des signaux était sensée être secrète. Des espions Anglais rivalisaient d'ingéniosité pour en savoir un peu plus. Vol des pavillons, séquestration et enlèvement d'un gardien... Les codes des pavillons étaient cependant changés régulièrement mais invariablement, les Anglais attaquaient les signaux stratégiques et emportaient les pavillons et les codes correspondants.

Ratages nombreux, vigies peu fiables, coûts d'entretien et salariaux élevés, changement des drisses (cordages) étaient une dépense récurrente. Enfin la communication extrêmement réduite à quelques messages peu variés limitait l'attraction du principe de fonctionnement.

Les sémaphores première génération (à partir de 1805) usant du système Depillon réduisirent le rôle des « gaules » sans pour autant les supprimer d'autant que certains navires communiquaient avec la terre par pavillons avant la généralisation de la TSF... Les gardiens de signaux furent mis à l'écart, des gardes-côtes prirent les commandes des bras articulés dans les sémaphores. Les gaules furent interdites un temps (1815) mais jamais complètement supprimées. Certains mâts restèrent en service mais se dégradèrent.

A partir de 1865, proche des électro-sémaphores (version 1861) avec signaux Depillon, il fut décidé de relever un mât à pavillons mais cette fois les 13 pavillons, les 4 flammes et guidon abandonnèrent toute vocation militaire. Tout était drissé sur un mât à vergue et corne unique. Les cordages étaient multiples et le langage était civil à destination de la marine marchande.

L'usage des signaux maritimes par pavillons existe encore aujourd'hui dans les marines du monde avec le langage international.

Emabase de mât à Kerviniou.

La batterie de Kerviniou a conservé les vestiges de son mât. A cette époque, certains signaux sont surdimensionnés dans les brouillards pour remplacer le système Depillon qui nécessite une bonne visibilité atmosphérique.

Les pins fournissaient les mâts.

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